Naître vers la fin : circularités dans Alumbramiento de Víctor Erice

Dans une filmographie où le récit est souvent fortement affaibli au profit d'une représentation directe du temps, Alumbramiento constitue une exception : ici la narration, agissant comme un véritable moteur à explosion, en raison de sa force relègue le temps à son statut classique de mesure du...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/ccec,
Hoofdauteur: Rodrigo, Miguel
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Cahiers de civilisation espagnole contemporaine (de 1808 au temps présent) 2024
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:Dans une filmographie où le récit est souvent fortement affaibli au profit d'une représentation directe du temps, Alumbramiento constitue une exception : ici la narration, agissant comme un véritable moteur à explosion, en raison de sa force relègue le temps à son statut classique de mesure du mouvement. Si l'attachement à un certain cinéma de la contemplation est toujours présent dans les plans que l'on peut qualifier de descriptifs, la ligne de force d'Alumbramiento est bien une flèche parcourant, imparable, la distance qui sépare le début du film de sa fin. Paradoxalement, le film le plus narratif d'Erice, celui qui s'appuie le plus sur le caractère linéaire et irréversible du temps, est en même temps celui où la poétique de la circularité, présente chez le cinéaste depuis son premier long-métrage, prend le plus de place et atteint son expression la plus aboutie. Organiquement intégrées dans la progression de l'action, l'ensemble des circularités parsemant Alumbramiento, à commencer par celle de sa structure, sont une force d'ordre involutif qui pourtant ne peut se déployer qu'à l'intérieur d'un temps forcément progressif. L'article se propose d'analyser la façon dont cette tension est construite, ainsi que ses répercussions concernant la démarcation, peut-être trop réductrice, entre temps linéaire et temps circulaire, tant sur le plan filmique que sur le plan du réel.