L’écriture des auteurs « intrangers »

La stigmatisation de la littérature issue de l’immigration maghrébine et le refus de son caractère littéraire et esthétique sont imputables non seulement à sa thématique, trop proche de l’autobiographie et même du documentarisme ou du témoignage sociologique, mais aussi à la langue d’écriture, telle...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/carnets,
1. Verfasser: Marcu, Ioana-Maria
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Carnets 2016
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:La stigmatisation de la littérature issue de l’immigration maghrébine et le refus de son caractère littéraire et esthétique sont imputables non seulement à sa thématique, trop proche de l’autobiographie et même du documentarisme ou du témoignage sociologique, mais aussi à la langue d’écriture, tellement éloignée de la véritable langue littéraire. Apprivoisée par les écrivains « intrangers », la langue grise ‒ langue de la rue, des « toxi-cités » ‒ devient l’objet ludique de ceux qui prennent la parole en la transformant en langue littéraire. Elle portera alors les empreintes de deux espaces définitoires dont les écrivains, respectivement les personnages, se réclament, à savoir la banlieue, à travers l’argot ou le verlan, et la terre des origines, à travers les emprunts à la langue arabe. Elle est donc une « identi-langue » donnant des informations sur l’espace de production d’une littérature, sur son statut hors norme dans le champ littéraire français, sur le franchissement des normes de la langue littéraire. Nous fondons notre étude de cette langue littéraire périphérique – oralisée, déguisée et épicée ‒ sur le roman Kiffer sa race d’Habiba Mahany (2008).