Les deux corps du traducteur littéraire
Le traducteur littéraire n’est pas un simple bilingue. Il a une vocation d’être passeur, entre ses langues et entre ses corps discordants. Comment traduit-on donc entre deux corps ? L’acte de traduction peut se présenter comme une construction du pont joignant deux espaces socioculturels naturelleme...
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| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/carnets, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Carnets
2016
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Le traducteur littéraire n’est pas un simple bilingue. Il a une vocation d’être passeur, entre ses langues et entre ses corps discordants. Comment traduit-on donc entre deux corps ? L’acte de traduction peut se présenter comme une construction du pont joignant deux espaces socioculturels naturellement disjoints et a fortiori deux corps du traducteur, permettant à l’esprit de passer par-dessus en les réconciliant. Mais une séparation nette gardée entre les langues semble mieux rendue par la figure de porte, qui maintient séparée ce qu’elle relie : une langue rejoint et investit l’autre, sans pourtant se mêler. La porte « fermée » dissocie les deux langues en refusant les correspondances faciles, la traduction comme copie conforme, voire « automatique ». En effet, un bon traducteur assume pleinement la résistance du texte source, sa fermeture sur lui-même. Pour le passer dans l’autre langue, il « ouvre la porte » de la langue cible en y rendant un conflit, une tension inhérente au texte, une tension qu’il vit, au fond, entre ses propres corps - entre le propre et l’étranger, l’immédiat et l’éloigné. |
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