Mounir Shafiq: From Marxism to Islamism; or, the Seamless Conversions of a Revolutionary Palestinian Intellectual in Lebanon

Né en 1936 à Jérusalem, Mounir Shafiq est un « intellectuel révolutionnaire » passé du communisme philo-soviétique au nationalisme palestinien inspiré du maoïsme, pour aboutir à l’islam politique. Il intègre les rangs du Parti communiste jordanien dans les années 1950. Il devient membre du Fatah de...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/bssg,
Egile nagusia: Dot-Pouillard, Nicolas
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Biens Symboliques / Symbolic Goods 2025
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Né en 1936 à Jérusalem, Mounir Shafiq est un « intellectuel révolutionnaire » passé du communisme philo-soviétique au nationalisme palestinien inspiré du maoïsme, pour aboutir à l’islam politique. Il intègre les rangs du Parti communiste jordanien dans les années 1950. Il devient membre du Fatah de Yasser Arafat dans les années 1960, et intègre le Centre de planification de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). La révolution iranienne de 1979 est un point de bascule qui l’emmène vers l’islam politique. Nulle rupture apparente dans ces conversions, que Mounir Shafiq justifie rétrospectivement par la continuité « anti-impérialiste ». Le parcours intellectuel de Mounir Shafiq semble énigmatique : il est pourtant partagé par nombre de militants arabes de sa génération. En termes d’histoire des idées politiques, le basculement opéré du communisme à l’islam n’est pas comparable au tournant postmarxiste opéré en Europe occidentale à partir du début des années 1980 par de nombreux intellectuels passés dans les rangs des partis communistes ou de formations maoïstes. Il est ici plus adéquat de parler de conversions sans ruptures : le nationalisme et l’anti-impérialisme tracent des points de continuité dans les bascules idéologiques entre communisme et islam. La trajectoire politique de Mounir Shafiq permet aussi d’interroger la figure de « l’intellectuel révolutionnaire », hors champ académique mais producteur d’idées et de concepts qui se reflètent dans le champ politique, homme d’action qui n’est pas réductible à un simple homme de parti. Enfin, l’histoire de la Brigade étudiante du mouvement Fatah, dont il fut l’un des principaux dirigeants et inspirateurs dans les années 1970 et 1980, autorise une histoire croisée entre Liban et Palestine : au-delà d’une histoire des Palestiniens au Liban, il y a une histoire proprement libanaise du Fatah.