La structure multidimensionnelle des goûts

La notion de légitimité culturelle a connu de nombreuses déclinaisons et de nombreuses critiques. Pourtant, peu de travaux s’emploient à la construire de manière empirique et quantifiée à l’échelle d’un espace national et pour plusieurs pratiques culturelles. Malgré des débats théoriques intenses, u...

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מידע ביבליוגרפי
הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/bssg,
Auteurs principaux: Noûs, Camille, Robette, Nicolas, Roueff, Olivier
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: Biens Symboliques / Symbolic Goods 2021
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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סיכום:La notion de légitimité culturelle a connu de nombreuses déclinaisons et de nombreuses critiques. Pourtant, peu de travaux s’emploient à la construire de manière empirique et quantifiée à l’échelle d’un espace national et pour plusieurs pratiques culturelles. Malgré des débats théoriques intenses, une question demeure en particulier en jachère : l’échelle de légitimité culturelle étant définie par l’homologie entre l’ordonnancement des goûts et celui des groupes sociaux, de quel espace social est-il question ? Nous proposons une démarche empirique pour tenir compte statistiquement de l’intersectionnalité des rapports sociaux de pouvoir, que de nombreuses enquêtes ethnographiques ont établie à l’échelle des individus et des groupes sociaux. Il s’agit essentiellement d’analyser les relations entre les variables de position sociale – le diplôme, l’âge et le sexe, pour celles que nous retiendrons – sans tomber dans le piège improductif de la hiérarchisation des effets mais en les considérant plutôt en termes d’interactions. Nous établissons ainsi que, au niveau macro où se situe l’analyse, l’échelle de légitimité culturelle est associée simultanément aux trois rapports sociaux étudiés, opposant le bourgeois (lettré) au populaire, le féminin au masculin et l’ancien à l’émergent. Au final, l’échelle de légitimité est constituée de trois échelons principaux, associés à trois configurations de propriétés sociales : une culture lettrée, féminine et ancienne en « haut » de l’échelle, une culture lettrée, masculine et émergente au « milieu » et une culture populaire, féminine et ancienne en « bas ». L’interprétation sociologique permet ensuite de distinguer deux variations de la culture légitime, plus ou moins ancienne, féminine et lettrée, et trois variations de la culture illégitime en fonction des variables de sexe et d’âge : le goût pour les genres populaires « ringards » et « sentimentaux » se distingue du goût pour les produits « grand public » les plus accessibles par la radio, la télévision ou les magazines comme du goût pour les genres émergents et « virils » (science-fiction, rap ou hard rock…) qui sont parfois constitués en sous-cultures juvéniles et disponibles à des entreprises de légitimation. Au-delà de cette esquisse de typologie, nous cherchons surtout à établir l’existence de ces interactions, à proposer quelques outils statistiques utiles pour les étudier et à montrer l’intérêt qu’il y a à analyser la distribution des pratiques culturelles en termes intersectionnels.