La politique culturelle engagée du Beyrouth mondialisé des années 1960 : Dar el-Fan et la fabrique d’une identité nationale

Cet article se penche sur la politique culturelle comme lieu de fabrique d’une identité dans le Liban d’avant-guerre. Il se concentre sur la Dār al-Fann wa al-Adab (la Maison des Arts et de la Littérature), un espace actif à Beyrouth entre 1967 et 1975. Créé à l’initiative de la défenseuse des arts...

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מידע ביבליוגרפי
הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/bssg,
מחבר ראשי: Malusardi, Flavia Elena
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: Biens Symboliques / Symbolic Goods 2025
נושאים:
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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סיכום:Cet article se penche sur la politique culturelle comme lieu de fabrique d’une identité dans le Liban d’avant-guerre. Il se concentre sur la Dār al-Fann wa al-Adab (la Maison des Arts et de la Littérature), un espace actif à Beyrouth entre 1967 et 1975. Créé à l’initiative de la défenseuse des arts Janine Rubeiz, Dar el-Fan était un pôle de créativité et un catalyseur d’avant-garde pour les artistes, les écrivains et les militants politiques. Souvent défini comme « le premier centre culturel libanais », l’article suggère que le rôle de Dar el-Fan est allé bien au-delà des expositions artistiques et du soutien qu’il apportait à la culture, et que le centre était un sujet actif dans la production et la circulation des idées. Aligné sur des tendances politiques de gauche, le centre était un lieu de rencontre, de dialogue et de débats dans un paysage où s'affrontaient différentes idéologies. À partir de la notion d’iltizām (engagement), l’article examine la manière dont les événements organisés à Dar el-Fan étaient l’expression de l’engagement de ses protagonistes sur les problèmes régionaux et mondiaux, dans une période de transformations historiques et politiques profondes, marquée par la défense de la cause palestinienne à la suite de la défaite de 1967 à l’issue de la guerre israélo-arabe, la délicate dynamique de la guerre froide et la mise en place d’un réseau de pays non-alignés. Grâce à une analyse des documents d’archives, des entretiens et la reconstitution de certaines expositions, l’article examine les caractéristiques politiques du centre. L’article analyse en particulier l’engagement politique socialiste de la fondatrice, Janine Rubeiz, en montrant que ce dernier a été crucial pour la genèse du centre et le développement de sa programmation culturelle. Celle-ci est analysée avec un regard porté sur l’interaction entre expositions artistiques, projections cinématographiques, conférences et lectures, afin de comprendre les implications sociales et politiques de la nature de Dar el-Fan. L’article affirme que le centre a été constitué en un lieu propice à la compréhension du paysage social et historique dans lequel la nouvelle identité libanaise a fait l’objet de négociations entre les processus de décolonisation, le débat entre le nationalisme libanais et l’arabisme et un environnement cosmopolite.