Sillons d’usure interproximaux : reproduction expérimentale, analyse et application des résultats aux observations sur la lignée néandertalienne

Dès 1911, Siffre observe pour la première fois, sur les faces proximales des molaires mandibulaires gauches du Néandertalien La Quina H5, une perte de substance dentaire sous forme d’une « gouttière » creusée au niveau du collet. En raison d’observations identiques sur un homme actuel, il propose qu...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/bmsap,
Autors principals: Bouchneb, Linda, Maureille, Bruno
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Bulletins et mémoires de la société d’anthropologie de Paris 2008
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Dès 1911, Siffre observe pour la première fois, sur les faces proximales des molaires mandibulaires gauches du Néandertalien La Quina H5, une perte de substance dentaire sous forme d’une « gouttière » creusée au niveau du collet. En raison d’observations identiques sur un homme actuel, il propose que ces sillons soient le résultat de l’utilisation d’un cure-dent visant à éliminer des particules alimentaires qui se coincent au niveau de l’espace inter-dentaire. Depuis de très nombreux auteurs ont également observé ce type d’usure au sein de divers taxons fossiles, le plus ancien étant considéré comme un « early Homo ». Différentes étiologies ont été proposées pour expliquer l’existence de cette perte de substance dentaire, mais on peut actuellement considérer qu’il existe un consensus sur l’utilisation de cure-dent. Néanmoins, à ce jour, personne n’a tenté de reproduire expérimentalement ce type d’usure. À partir de prémolaires d’hommes actuels et de différents matériaux (os et bois de renne non fossile, buis et tendon de veau), utilisés avec et sans particules abrasives, nous avons tenté de reproduire au niveau du collet des dents, des sillons dont les caractéristiques seraient proches de celles décrites sur les dents fossiles présentant des usures de type « en cure-dent ». Avec presque tous les matériaux utilisés, en présence ou non de particules minérales, nous avons réussi à reproduire de tels stigmates. De plus, ces pertes de substance dentaire sont très proches quelle que soit la nature de l’objet faisant office de cure-dent. Une exception, le matériau le plus souple produit des traces qui nous semblent n’avoir jamais été retrouvées chez des fossiles du Paléolithique. L’emploi de matière minérale paraît induire une usure beaucoup plus rapide et des stries dont l’aspect est plus grossier et la profondeur plus importante (étude au microscope électronique à balayage).À partir de ces résultats, nous discutons les sillons d’usure interproximaux observés chez les membres de la lignée néandertalienne. Il y a une très grande similitude entre ce qui a été décrit chez les fossiles et les sillons obtenus expérimentalement, aussi bien en ce qui concerne leur forme que les stries qui affectent la dépression. Enfin, nos résultats nous permettent de supposer que le cure-dent était un objet occasionnel.