Langue nomade en cour impériale
ʿAbd Allāh b. al‑Muqaffaʿ (m. vers 756) est aux yeux de la tradition académique arabe et occidentale l’un des “pères” ayant contribué à la genèse de la prose littéraire arabe. Il est incontestable que son œuvre, parmi celles d’autres secrétaires de chancellerie, contribua à jeter les bases de tout u...
Spremljeno u:
| Izdano u: | URI:https://journals.openedition.org/beo, |
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| Glavni autor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Bulletin d’études orientales
2018
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| Teme: | |
| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | ʿAbd Allāh b. al‑Muqaffaʿ (m. vers 756) est aux yeux de la tradition académique arabe et occidentale l’un des “pères” ayant contribué à la genèse de la prose littéraire arabe. Il est incontestable que son œuvre, parmi celles d’autres secrétaires de chancellerie, contribua à jeter les bases de tout un champ culturel qui connaîtra son âge d’or peu de temps après, à savoir l’adab. Elle se situe ainsi en amont d’une nouvelle ère culturelle. Cela étant, force est de constater que cette œuvre vient conclure une autre ère littéraire, et plus généralement culturelle, marqué par l’oralité et qualifiée par les uns d’époque archaïque, par les autres d’antiquité arabe. Le présent travail propose de situer l’écriture de ce prosateur précisément dans ce moment charnière. Contrairement à l’opinion dominante, il s’intéresse moins à Ibn al‑Muqaffaʿ comme fondateur d’une tradition prosaïque, qu’à Ibn al‑Muqaffaʿ comme passeur. Une nouvelle lecture de son fablier Kalīla wa Dimna, adaptation arabe du Pañcatantra indien par l’intermédiaire de sa version pehlevi, permet ici d’observer une œuvre culturellement composite. La définition de deux figures théoriques dans l’œuvre, le kātib, ou l’homme qui écrit, et le rawī, ou l’homme qui récite, vise à décrire la cohabitation dans la structure de Kalīla wa Dimna entre plusieurs schémas de pensée qui tantôt sont en consonance avec à un « esprit administratif » qui redéfinit l’arabe comme langue d’écriture et de transmission écrite, tantôt laissent la narration s’exprimer comme héritière d’une forte tradition orale, laquelle est observable, à la même période, dans les écrits dits traditionnels, c’est‑à‑dire inscrits dans la sphère religieuse, telles l’exégèse coranique, les traditions prophétiques, l’hagiographie, etc. |
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