Défense et illustration de la peine de mort dans le roman policier à énigme

Le roman policier à énigme est réputé conservateur. Les rapports qu’il entretient avec la peine de mort confortent cette perception. En effet, l’abolition de la peine de mort peut être comprise comme une avancée démocratique. Or, le mouvement abolitionniste n’est pas présenté sous un jour favorable...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/belphegor,
Hovedforfatter: Bareït, Nicolas
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Belphégor 2025
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Le roman policier à énigme est réputé conservateur. Les rapports qu’il entretient avec la peine de mort confortent cette perception. En effet, l’abolition de la peine de mort peut être comprise comme une avancée démocratique. Or, le mouvement abolitionniste n’est pas présenté sous un jour favorable dans les romans parus en Angleterre au XXème siècle. Dans une perspective synchronique, la peine de mort occupe une place privilégiée dans la structure du roman à énigme, car elle participe de son économie : l’ordre du monde a été remis en cause par un meurtre énigmatique, il doit être rétabli par la résolution de l’énigme et par la punition du coupable. Dans l’idéal, cette punition est la suppression physique du meurtrier. La littérature policière est ici en adéquation avec la réalité : la peine de mort faisait partie de l’arsenal répressif anglais dans la première moitié du XXème siècle. Mais cette belle harmonie s’effrite dans une perspective diachronique. Le droit pénal anglais a évolué, la peine de mort a été progressivement abolie. Le roman à énigme s’est retrouvé en porte-à-faux avec la réalité. De la sorte, dans les romans tardifs d’Agatha Christie, une vraie nostalgie de la peine de mort se donne à lire. Son cas est exemplaire, mais il ne doit pas occulter le fait que d’autres écrivains, comme John Dickson Carr ou Ngaio Marsh, ne partageaient pas tout à fait la même philosophie pénale.