Le roman noir est-il encore politique ? Figures de l’extrême-droite dans le polar contemporain

Si les auteurs de polars contemporains se démarquent de l’héritage du néo-polar français engagé à gauche, certains poursuivent l’investigation sociale permise par le roman noir. Jouant sur la frontière entre la fiction policière et la non-fiction documentaire, les romans Le Bloc de Jérôme Leroy (2...

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Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/belphegor,
Hlavní autor: Jacquelin, Alice
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Belphégor 2025
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Si les auteurs de polars contemporains se démarquent de l’héritage du néo-polar français engagé à gauche, certains poursuivent l’investigation sociale permise par le roman noir. Jouant sur la frontière entre la fiction policière et la non-fiction documentaire, les romans Le Bloc de Jérôme Leroy (2013), Aux animaux la guerre de Nicolas Mathieu (2014) et Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin (2020) mettent en scène des situations qui convoquent le repli identitaire, des formations politiques fascisantes ou encore un racisme structurel, sans nécessairement prendre le parti de la dénonciation des discours extrémistes. Faut-il pour autant conclure à un « nihilisme » du roman noir français contemporain (Ledien, 2020) ou au renouveau d’un « style réactionnaire » (Berthelier, 2022) ? Ou bien peut-on y voir en filigrane de nouvelles écritures d’un engagement désabusé, qui lutterait en sourdine contre l’extrême droite ? Au-delà d’une analyse des postures sociolittéraires, et malgré leurs réticences face à un militantisme exacerbé, l’analyse littéraire démontre que ces auteurs portent de fait un discours critique acéré via le portrait en miroir d’une société française en voie de fascisation et grâce aux outils d’un réalisme renouvelé, sous le signe de la narration polyphonique et de la caricature sociologique.