Féodalités, choralités, langages : figures plurielles de l’émancipation dans le roman noir de Jack O’Connell
En inventant dans les années 1990 la ville de Quinsigamond, incarnation de la ville post-industrielle et néolibérale américaine, Jack O’Connell proposait une réflexion politique plurielle à partir du genre du roman noir. Les quatre romans principaux de la série Quinsigamond questionnent en effet les...
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| Veröffentlicht in: | URI:https://journals.openedition.org/belphegor, |
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| 1. Verfasser: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Belphégor
2025
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| Schlagworte: | |
| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | En inventant dans les années 1990 la ville de Quinsigamond, incarnation de la ville post-industrielle et néolibérale américaine, Jack O’Connell proposait une réflexion politique plurielle à partir du genre du roman noir. Les quatre romans principaux de la série Quinsigamond questionnent en effet les fonctions politiques d’un espace urbain morcelé et divisé, l’utilisation du langage comme instrument d’émancipation sociale, et dans une perspective plus métalittéraire le statut du personnage dans le roman noir, qui orchestre à travers la choralité et la mise en abyme une reconquête d’un espace fictionnel dominé par la figure tyrannique de l’écrivain.Le roman de Jack O’Connell décline ainsi les concepts, chers à tout système démocratique, d’émancipation et d’indépendance, et se fait politique à trois points de vue. Le discours socio-spatial de l’œuvre étudie la reféodalisation (concept emprunté à Antoine Artous) du territoire urbain comme vecteur d’inégalités et de tensions sociales, montrant comment la ville interlope post-industrielle peut constituer un espace anti-démocratique. Le roman interroge en outre d’un point de vue socio-linguistique la tension entre universalisme et communautarisme dans l’utilisation d’un langage qui fait alternativement signe vers un mouvement d’intégration ou d’ostracisation sociale. Enfin, les codes narratifs du genre policier sont pris, dans la série Quinsigamond, dans une dynamique de déconstruction qui réactive l’analyse jamesonienne et postmoderniste d’une praxis de la fiction, et l’espace narratif s’y fait lieu d’émancipation et de libération politique. À travers cette triple articulation, Jack O’Connell entreprend une étude complexe de la société post-industrielle à l’aune du concept de démocratie, faisant de sa ville imaginaire un laboratoire d’expérimentation politique dans la fiction policière. |
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