Entre exotisme et nostalgie

En 1992, la municipalité de Tel-Aviv Jaffa, sollicitée par un groupe d’habitants, décide d’investir dans le quartier de Florentin. Florentin est alors un des quartiers les plus pauvres de la ville et témoigne, comme l’ensemble de la zone administrative sud, d’un état de forte dégradation. En quelque...

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Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/bcrfj,
Prif Awdur: Rozenholc, Caroline
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem 2009
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Crynodeb:En 1992, la municipalité de Tel-Aviv Jaffa, sollicitée par un groupe d’habitants, décide d’investir dans le quartier de Florentin. Florentin est alors un des quartiers les plus pauvres de la ville et témoigne, comme l’ensemble de la zone administrative sud, d’un état de forte dégradation. En quelques décennies, le quartier aura en effet été littéralement déserté par sa population, laissant vacants des centaines de logements progressivement investis par de petites industries. Le potentiel du quartier est pourtant évident – architecture unique et forte densité commerciale – et les réhabilitations réussies des quartiers de Neve Tseddek et de Sheinkin encouragent les autorités à « remettre Florentin sur la carte ». Cinq ans plus tard, Eytan Fox – plus connu aujourd’hui pour son film « The Bubble » – prend le quartier comme toile de fond pour réaliser une chronique de la jeunesse israélienne : « Florentin ». Pendant trois ans, cette série télévisée va obtenir une audience nationale confirmée par une rediffusion récente. Florentin est alors consacré comme un espace « à part » et devient emblématique d’une urbanité alternative. Paré d’une aura d’exotisme, renforcée par la présence de nombreux migrants africains, Florentin devient ainsi le lieu d’une certaine culture israélienne : celle d’une génération ouverte à l’altérité et qui, tout en étant ancrée dans la réalité du pays, se projette au-delà de ses frontières. Mêlant sens et temporalités, une conjoncture particulière fait donc émerger Florentin comme un label ; vivre à Florentin devient une véritable « déclaration d’intention ».En transition vers une gentrification évidente, comment ce quartier, longtemps marginalisée et qui n’est inclus dans les limites administratives de Tel-Aviv que depuis les années 50, en est venu à former une entité à part entière au sein de l’agglomération et à promouvoir l’identité globalisée de la ville ? Pour répondre à cette question, et pour contribuer à celle plus vaste de l’attachement au lieu dans la mondialisation, Florentin sert d’ancrage à une réflexion sur le quartier qui permet d’alimenter, entretiens et observations à l’appui, le débat entre tenants de l’hyper-mobilité et des nons-lieux et ceux d’une territorialité au fondement de la géographie et de l’urbanité. Florentin, espace complexe et stimulant, et dont on peut multiplier les « entrées », semble alors indiquer une troisième voie ; celle d’un lieu défini et ouvert où s’articulent, sans s’effacer, des temporalités et des perceptions du lieu distincts et propres, même si parfois partagées, à chacun.