Samuel Baud-Bovy à l’écoute des chants cleftiques
Les chants cleftiques occupent une place importante dans toutes les collections des chants populaires grecs. Claude Fauriel en 1824-1825 est le premier à investir sur ce corpus directement lié à la guerre de la révolution, puisqu’il concerne la vie légendaire des cleftes, les bandits insurgés. Le pr...
Shranjeno v:
| izdano v: | URI:https://journals.openedition.org/bchmc, |
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| Glavni avtor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Bulletin de correspondance hellénique moderne et contemporain
2022
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| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Les chants cleftiques occupent une place importante dans toutes les collections des chants populaires grecs. Claude Fauriel en 1824-1825 est le premier à investir sur ce corpus directement lié à la guerre de la révolution, puisqu’il concerne la vie légendaire des cleftes, les bandits insurgés. Le premier tome de sa collection historique comprend 35 pièces, dont les textes et les commentaires occupent non moins que 205 pages. Son exemple sera suivi par tous les collecteurs postérieurs.Si l’intérêt précoce pour la valeur historique de ces chants rejoint l’intérêt philologique pour la poésie orale, il n’en est pas de même pour la musique. Le premier à combler cette lacune est le Suisse Samuel Baud-Bovy qui, de 1930 à 1933, mène sa recherche doctorale sur la musique du Dodécanèse, alors occupé par les Italiens. Issu d’un milieu cultivé et philhellène, Baud-Bovy poursuivra une carrière de néohelléniste à l’université de Genève, tout en restant fidèle à l’ethnomusicologie grecque, dont il devient un pionnier. Son livre sur les chants cleftiques, qui voit le jour en 1958, tire profit de sa double formation de philologue et de musicien : il présente des transcriptions et analyses musicales de 17 chants de Roumélie, tous issus des enregistrements réalisés en 1930 par Hubert Pernot et Melpo Merlier. Dans cet article nous envisageons une relecture de l’étude de Samuel Baud-Bovy à la lumière de la discographie d’avant la fin des années 1950. L’approche systématique de ce matériel sonore nous dévoile le caractère particulier du genre cleftique : le contexte modal, la construction rythmique et les formules typiques de la progression mélodique. La juxtaposition de cette pragmatologie avec les conclusions de Baud-Bovy met en relief les préceptes méthodologiques de son travail, sans doute novateurs à son époque, mais encore fort empreints d’idéalisme. Elle nous permet en même temps d’avancer quelques réflexions d’ordre épistémologique. |
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