« Ce que nous avons hérité des Turcs » : perceptions de l’héritage ottoman en Grèce au début du xxie siècle

L’essentiel des territoires de la Grèce d’aujourd’hui a fait partie de l’Empire ottoman pendant près de cinq siècles. Au fur et à mesure que les Ottomans se retiraient, s’effaçaient avec eux les preuves de leur ancrage pluriséculaire. Toutefois, des traces de cet héritage sont encore visibles – malg...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/bchmc,
Autor principal: Anastassiadou-Dumont, Méropi
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Bulletin de correspondance hellénique moderne et contemporain 2022
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:L’essentiel des territoires de la Grèce d’aujourd’hui a fait partie de l’Empire ottoman pendant près de cinq siècles. Au fur et à mesure que les Ottomans se retiraient, s’effaçaient avec eux les preuves de leur ancrage pluriséculaire. Toutefois, des traces de cet héritage sont encore visibles – malgré les destructions et l’abandon. Des édifices ottomans continuent de ponctuer le paysage de certaines villes et font même l’objet d’opérations de revalorisation. L’héritage des Ottomans reste aussi perceptible dans la langue et la musique. On le retrouve encore dans les institutions et le droit, notamment en ce qui concerne le statut des musulmans de Thrace et les perceptions des populations considérées comme formant des communautés spécifiques. L’arrivée massive de Grecs d’Anatolie après 1923 et dans les années 1960 a contribué à maintenir la mémoire de cohabitations parfois douloureuses. Depuis la fondation de la Grèce moderne (1830), les attitudes – aussi bien de la société que du pouvoir politique – vis‑à‑vis de l’héritage ottoman ont considérablement évolué. Plusieurs pans de ce passé sont désormais acceptés. Cependant, en dépit de l’existence d’une minorité musulmane protégée par un traité international (Lausanne, 1923), des éléments liés à l’islam continuent de faire l’objet de crispations et d’un certain rejet. L’état des relations gréco-turques influe aussi sur les perceptions collectives.