Des ingénieurs et techniciens de l’État français au service de capitaux privés

Après s’être penché, au cours d’un voyage d’étude en Grèce en 1845, sur le cas du lac Copaïs, terre potentiellement très fertile, l’ingénieur du Corps de Mines Sauvage en dresse le projet de dessèchement complet. S’appuyant sur cette étude, le gouvernement hellénique de l’époque signe, en 1865, avec...

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Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/bchmc,
Auteurs principaux: Chatzis, Konstantinos, Mavrogonatou, Georgia
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Bulletin de correspondance hellénique moderne et contemporain 2024
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Izvleček:Après s’être penché, au cours d’un voyage d’étude en Grèce en 1845, sur le cas du lac Copaïs, terre potentiellement très fertile, l’ingénieur du Corps de Mines Sauvage en dresse le projet de dessèchement complet. S’appuyant sur cette étude, le gouvernement hellénique de l’époque signe, en 1865, avec des « capitalistes » français une première convention de concession, mais l’entreprise concessionnaire est déclarée déchue en 1873. Sollicité par un groupe de banquiers grecs, l’ingénieur du Corps des Ponts et Chaussées Revol se rend à son tour en Grèce en 1876 afin d’arrêter un projet de dessèchement définitif, alors que c’est à l’ingénieur Moulle de proposer sa propre vision des choses trois ans plus tard. En 1880, dans le cadre d’un nouveau contrat de concession, la Compagnie Française pour le Dessèchement et l’Exploitation du Lac Copais voit le jour à Paris. La Compagnie fait alors appel à l’expertise de plusieurs ingénieurs du Corps des Ponts et Chaussées, et, après avoir confié dans un premier temps l’exécution des travaux à des sous-traitant, français et grecs, elle adopte, à partir de l’année 1884 et suite à plusieurs conflits, le régime de la régie directe. Mais des difficultés financières l’obligent à céder, en janvier 1888, ses droits et obligations à une firme anglaise du nom de (The) Lake Copais Company. Projet technico-économique caractérisé par un cosmopolitisme prononcé, à la fois en matière de capitaux levés et de ressources humaines mobilisées, le dessèchement du lac Copais nous renseigne également sur les différents conditions et facteurs extra-économiques qui ont accompagné la première mondialisation, tout en mettant en évidence les rapports étroits cultivés entre l’État français de l’époque, pourvoyeur d’expertise technique notamment par l’intermédiaire de ses Corps d’ingénieurs, et des compagnies privées en quête de profits à l’intérieur du pourtour méditerranéen.