Un énigmatique chapiteau figuré trouvé à Delphes

En partie reconstitué par Vincent Déroche, un petit chapiteau corinthien trouvé lors de la « grande fouille » de Delphes, et resté inédit, présente un décor figuré tout à fait original. Sur les deux côtés conservés, une tête de félin, représentée de face, est entourée de plumes et de « tiges », moti...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/bch,
Auteurs principaux: Eller, Audrey, Hermary, Antoine
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Bulletin de correspondance hellénique 2025
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:En partie reconstitué par Vincent Déroche, un petit chapiteau corinthien trouvé lors de la « grande fouille » de Delphes, et resté inédit, présente un décor figuré tout à fait original. Sur les deux côtés conservés, une tête de félin, représentée de face, est entourée de plumes et de « tiges », motifs dont l’origine se situe dans l’iconographie religieuse égyptienne, l’animal évoquant probablement la déesse chatte Boubastis. Ce type de chapiteau peut être comparé aux chapiteaux corinthiens dits « à chimères », une série bien attestée en Grèce et en Italie à la fin de l’époque hellénistique et à l’époque impériale, ainsi qu’à des chapiteaux hathoriques et égyptisants connus à Rome. Toutefois, l’exemplaire de Delphes reste unique en son genre et, en l’absence de contexte archéologique, sa datation ne peut être déterminée précisément : on propose une fourchette chronologique assez large, entre le milieu du ier et le milieu du iie siècle apr. J.‑C. Les cultes égyptiens sont bien attestés à cette époque en Phocide et en Béotie, mais, bien que Plutarque ait dédié son traité De Iside et Osiride à son amie Cléa, supérieure des Thyades de Delphes et consacrée aux rites osiriens, la documentation archéologique sur d’éventuels cultes égyptiens de Delphes se limitait jusqu’à maintenant à une statuette d’Isis. Les têtes de chat orientent‑elles vers un rapprochement avec le culte d’Artémis, assimilée à Boubastis depuis l’époque d’Hérodote ? Il est prudent, faute de documentation complémentaire, de qualifier d’« énigmatique » ce petit chapiteau delphique.