Putrajaya ou une utopie malaisienne. Projet urbain et défi politique

La construction d’une nouvelle capitale s’annonce comme un élément majeur, voire fondateur d’une nation. Le projet de Putrajaya en Malaisie s’est inspiré de modèles postcoloniaux comme Brasilia ou Chandigarh, afin d’exprimer dans l’espace la vision du futur de la société malaisienne. Elle s’annonce...

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التفاصيل البيبلوغرافية
الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/bagf,
المؤلف الرئيسي: Bouchon, Frédéric
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Bulletin de l’association de géographes français 2018
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الملخص:La construction d’une nouvelle capitale s’annonce comme un élément majeur, voire fondateur d’une nation. Le projet de Putrajaya en Malaisie s’est inspiré de modèles postcoloniaux comme Brasilia ou Chandigarh, afin d’exprimer dans l’espace la vision du futur de la société malaisienne. Elle s’annonce ostensiblement en rupture avec la morphologie chaotique et l’essence multiple de Kuala Lumpur. Elle en est le satellite, mais c’est un projet urbain et de transformation technologique ambitieux. La capitale fédérale présente une morphologie au parti-pris moderniste monumental et à l’esthétique d’inspiration islamo-malaise. Vingt ans après le choix du site, entre Kuala Lumpur et son aéroport, la ville compte aujourd'hui plus de cent mille habitants. La construction de la ville et le transfert des ministères fédéraux ont été rapides, sans rencontrer de résistance, vu la localisation de la ville nouvelle. En revanche certains choix urbains ont été décrits comme contraires à l’esprit de la nation et l’utilisation de la rente pétrolière pour le financement du projet urbain reste sensible. Certains travaux ont insisté sur l’architecture et les choix urbanistiques de la ville. L’absence de synthèse sur cette ville nouvelle, ses ambitions, dynamiques et son rôle de capitale explique ce projet de recherche. Cette étude s’est faite à partir de l’analyse de données secondaires, d’observations et d’entretiens avec des acteurs urbains. Il apparait que Putrajaya est à la fois un projet de rupture, par sa taille, mais qu’il est aussi dans la continuation des politiques d’aménagement public depuis l’indépendance en Malaisie. Le projet de déconcentration administrative dans un cadre monumental s’inscrit donc dans une logique de continuité d’un modèle social en place.