Requiem pour les grands espaces de l’Amérique indienne
Trois ans après le massacre de Wounded Knee en décembre 1890, Frederick Jackson Turner prononce sa fameuse conférence sur la Frontière dans l’histoire américaine. Ce mythe historique illustre l’avancée de la civilisation pionnière sur la nature et, au crépuscule du XIXe siècle, le terme d’une longue...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/babel, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Babel
2020
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Trois ans après le massacre de Wounded Knee en décembre 1890, Frederick Jackson Turner prononce sa fameuse conférence sur la Frontière dans l’histoire américaine. Ce mythe historique illustre l’avancée de la civilisation pionnière sur la nature et, au crépuscule du XIXe siècle, le terme d’une longue épopée guerrière et la fin des grands espaces amérindiens. Suit le temps du déni ou du moins l’idée largement partagée que c’est une affaire classée, comme si l’histoire ne se définissait pas dans l’épaisseur même de ce temps qui donne une dimension tragique au seul présent lucide. Pour dissimuler cet oubli volontaire, tout a été fait en sorte que l’histoire indienne relève de l’archéologie dans le devenir d’une nation récente cadastrant des réserves et inaugurant des musées comme un sanctuaire officiel du patrimoine culturel et de l’art indiens. Aussi s’agit-il ici d’accorder à l’Autre la place qui lui revient, bien au-delà de son statut de minorité, pour ne pas prolonger les effets du génocide programmé par une nouvelle forme de colonisation intellectuelle des grands espaces de l’Amérique du Nord. |
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