Perdre la tête : de la tête épique à la tête émouvante dans Artus de Bretagne 

Artus de Bretagne est un roman néo-arthurien, des années 1300. Il présente de nombreuses mentions de décapitations. Certaines, à coloration épique, apparaissent dans des scènes de combats, elles sont brèves et topiques : la tête coupée y est banalisée et ne suscite guère l’émotion chez les personnag...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/babel,
Autor principal: Ferlampin-Acher, Christine
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Babel 2021
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Artus de Bretagne est un roman néo-arthurien, des années 1300. Il présente de nombreuses mentions de décapitations. Certaines, à coloration épique, apparaissent dans des scènes de combats, elles sont brèves et topiques : la tête coupée y est banalisée et ne suscite guère l’émotion chez les personnages. Dans d’autres épisodes cependant la tête coupée donne lieu à des mentions plus développées et plus marquées affectivement : dans les discours où elle vient en appui à des engagements forts, dans des scènes de deuil féodal, dans des épisodes où sa présentation, comme trophée ou offrande, pourrait émouvoir une dame : dans chacune de ces configurations cependant la tête coupée semble n’avoir finalement que peu d’effets et l’épisode de la tête du monstre Malegrape présentée en trophée à Florence signe explicitement dans le texte la mise au rebut de cet accessoire. La mise en regard du texte et des miniatures montre que l’image, même si elle semble dans certains cas convoquer des modèles bibliques, ne redonne guère d’épaisseur émotionnelle au motif.