« Un naturalisme qui sent bon » ? L’héritage naturaliste, une face cachée de l’œuvre d’Arthur Schnitzler ?

Dans sa préface au recueil de nouvelles La Pénombre des âmes, paru en 1929 aux éditions Stock, le célèbre germaniste Félix Bertaux estime que l’œuvre de Schnitzler relèverait d’« un naturalisme qui sent bon ». La question se pose donc de savoir dans quelle mesure l’œuvre de Schnitzler comporte effec...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/austriaca,
Päätekijä: Zieger, Karl
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: Austriaca 2020
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Dans sa préface au recueil de nouvelles La Pénombre des âmes, paru en 1929 aux éditions Stock, le célèbre germaniste Félix Bertaux estime que l’œuvre de Schnitzler relèverait d’« un naturalisme qui sent bon ». La question se pose donc de savoir dans quelle mesure l’œuvre de Schnitzler comporte effectivement des éléments naturalistes. En analysant des œuvres narratives comme Sterben, Frau Berta Garlan et Therese. Chronik eines Frauenlebens, le présent article essaie de montrer que quelques-unes des créations schnitzlériennes correspondent bien à un programme naturaliste, à condition que l’on soit prêt à aller au-delà des stéréotypes tenaces qui considèrent le naturalisme comme une littérature « des bas-fonds » et de la misère sociale, et à élargir sa définition à l’idée d’une observation (exacte) de la vie quotidienne et à une certaine méthode. Même si Schnitzler s’attache plus que les « purs naturalistes » à la vie intérieure de ses personnages, à leurs sentiments et à leurs rêves, cette vie intérieure est fortement liée à la vie extérieure, aux problèmes de la vie quotidienne, aux différences entre les classes sociales, etc. ; et il s’agit de personnages moyens, ordinaires, pris et observés dans leurs comportements et préoccupations quotidiens. Si la critique parle d’un « naturalisme qui sent bon », c’est parce que Schnitzler situe la plupart de ses œuvres dans la bourgeoisie, parce que le prolétariat en est presque absent et parce que l’opposition entre les classes semblent (à première vue) moins virulente.