« Eure Majestät fragen mich etwas spät » (à propos de Charles Ier)

Contrairement à ce que prétend l’historiographie traditionnelle, le dernier empereur-roi d’Autriche-Hongrie, Charles Ier/IV, n’était ni simple d’esprit, ni dominé par sa femme, ni traître, ni dépourvu d’idées. Il ne manquait pas non plus de perspicacité et de vivacité, et pourtant, il fut presque le...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/austriaca,
Hoofdauteur: Brennan, Christopher
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Austriaca 2020
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:Contrairement à ce que prétend l’historiographie traditionnelle, le dernier empereur-roi d’Autriche-Hongrie, Charles Ier/IV, n’était ni simple d’esprit, ni dominé par sa femme, ni traître, ni dépourvu d’idées. Il ne manquait pas non plus de perspicacité et de vivacité, et pourtant, il fut presque le seul en octobre et en novembre 1918 à ne pas s’apercevoir que le sort de l’Empire était déjà joué depuis longtemps. De décisions malheureuses en inaction incompréhensible, Charles fit preuve d’une impéritie et d’une apathie qui marqueront pour toujours bien des jugements à son égard. Il n’était pourtant pas esseulé, et nombre de conseillers, amis et hommes politiques, tentèrent de lui faire comprendre la gravité d’une situation déjà désespérée. Son manifeste du 16 octobre 1918 pour la réforme de l’Empire – alors que celui-ci n’existait plus – est une preuve parmi tant d’autres de son idéalisme aveugle et velléitaire, et de sa naïveté politique. Les jours d’avant sa démission du 11 novembre 1918 – car il n’abdiqua jamais, convaincu envers et contre tout qu’une restauration était possible – montrent un homme perdu, épuisé, confus, qui ne comprend pas qu’il est le témoin d’un changement d’époque radical et de la fin de sa dynastie. Même à ce stade, ce jeune homme de 31 ans ne saisit pas qu’il est condamné à n’être qu’une simple note de bas de page de l’histoire.