Les dissonances du doux commerce

Dans un célèbre petit volume, Les passions et les intérêts, l’économiste Albert O. Hirschman retrace la formation du lieu commun opposant commerce et violence à l’époque moderne. Se concentrant en particulier sur la manière dont Montesquieu et James Steuart se sont emparés du thème du « doux commerc...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/asterion,
Diğer Yazarlar: Skornicki, Arnault
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Astérion 2019
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Diğer Bilgiler
Özet:Dans un célèbre petit volume, Les passions et les intérêts, l’économiste Albert O. Hirschman retrace la formation du lieu commun opposant commerce et violence à l’époque moderne. Se concentrant en particulier sur la manière dont Montesquieu et James Steuart se sont emparés du thème du « doux commerce » pour justifier le libre essor des activités marchandes en leur attribuant des vertus pacificatrices, il évoque également, plus rapidement, des versions « dissonantes » du thème. Ce dossier interdisciplinaire propose d’explorer plus spécifiquement ces versions, afin d’éprouver la plasticité de ce thème. Qu’il s’agisse de marchands, d’économistes, d’experts ou de philosophes, ce thème a donné lieu à diverses variantes et stratégies argumentatives dans de multiples contextes théoriques et politiques, notamment au moment de l’émergence de la société marchande aux XVIIe-XVIIIe siècles, lors de la révolution industrielle ou encore à l’avènement du capitalisme néolibéral au XXe siècle. Des mercantilistes à la rhétorique de l’Union européenne en passant par Rousseau, les Lumières écossaises, les industrialistes de la Restauration et la relecture hayékienne du doux commerce, ces contributions donnent ainsi à voir sur une longue durée la pluralité des usages de ce thème. In a famous little book, Albert O. Hirschman traces the formation of the commonplace that opposed trade and violence during the early modern period. According to Hirschman, the doux commerce thesis appeared during the 18th century to give political argument for profit-oriented trading activities. In its standard version, known as “Montesquieu-Steuart vision”, the doux commerce thesis has justified the free development of private acquisitive pursuits by attributing peaceful virtues to them. Hirschman also shortly evokes “discordant” versions of the doux commerce: this interdisciplinary issue proposes to explore these ones more specifically, in order to test the plasticity of this liberal commonplace. Concerning merchants, economists, experts and philosophers alike, this theme has given rise to various variants and argumentative strategies in multiple theoretical and political contexts, from the emergence of the commercial society during the Early modern period, the industrial revolution until the advent of neoliberal capitalism in the 20th century. From mercantilists to the rhetoric of the European Union, including Rousseau, the Scottish Enlightenment, the industrialists of the Restoration and the Hayekian re-reading of the doux commerce, these papers show over a long period of time the plurality of uses of this commonplace.