Des Lumières chrétiennes ?
Cet article rend compte de l’ouvrage de Simon Pietro Calisti consacré à l’Anti-Pascal de Voltaire et à la controverse qu’il a déclenchée tout au long du XVIIIe siècle. Calisti y voit, par-delà de simples remarques contre les Pensées, le noyau d’un conflit structurant entre deux modernités concurrent...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/asterion, |
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| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Astérion
2026
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Cet article rend compte de l’ouvrage de Simon Pietro Calisti consacré à l’Anti-Pascal de Voltaire et à la controverse qu’il a déclenchée tout au long du XVIIIe siècle. Calisti y voit, par-delà de simples remarques contre les Pensées, le noyau d’un conflit structurant entre deux modernités concurrentes : une modernité voltairienne, empiriste, anti-cartésienne et soucieuse de naturaliser l’homme, et une « modernité chrétienne » défendue par des théologiens et apologistes qui réinvestissent cartésianisme et malebranchisme pour articuler raison et foi. L’article met en valeur la restitution du champ polémique, l’analyse des trois séries de Remarques (1734, 1742 et 1778) et l’attention portée à la transmission éditoriale des Pensées : l’édition de Port-Royal, en cartésianisant partiellement Pascal, rend possible une apologétique rationaliste paradoxale, mais décisive. Le présent texte interroge toutefois la pertinence actuelle des adversaires de Voltaire. Il rappelle l’orientation anti-cartésienne de Pascal (proche de l’épistémologie empiriste de Gassendi), la crise de l’exégèse figuriste après Spinoza et Richard Simon, ainsi que le dilemme apologétique : recourir aux preuves métaphysiques revient à promouvoir le « Dieu des philosophes » (et donc le déisme), tandis qu’invoquer le mystère expose au soupçon de superstition. Dernier regret : l’absence de Pierre Bayle, indispensable pour comprendre ces impasses et mettre en question la conception même de « Lumières chrétiennes ». |
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