Le passé peut-il être révolutionnaire ? La réception des Cahiers d’Antonio Gramsci par Ernesto De Martino

Dans cet article, nous revenons sur la première réception des Cahiers de prison de Gramsci en Italie, au tournant des années 1950, en nous concentrant sur le cas d’Ernesto De Martino. L’étude de cette réception permet de faire émerger les véritables enjeux des Cahiers, au croisement de la philosophi...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/asterion,
1. autor: Guerbo, Maririta
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: Astérion 2025
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:Dans cet article, nous revenons sur la première réception des Cahiers de prison de Gramsci en Italie, au tournant des années 1950, en nous concentrant sur le cas d’Ernesto De Martino. L’étude de cette réception permet de faire émerger les véritables enjeux des Cahiers, au croisement de la philosophie sociale et de la philosophie de l’histoire. Notre argumentation s’appuie sur plusieurs notions gramsciennes dont nous souhaitons approfondir les usages : les groupes sociaux subalternes, les traditions passées et les modes de survivance actifs du folklore religieux. À travers les transformations impulsées par De Martino, nous montrons la manière dont ces notions s’articulent et se resserrent progressivement autour de l’interrogation suivante : à quelles conditions le passé peut-il devenir révolutionnaire ? Nous développons donc une conception inédite des marges d’histoire du Cahier 25, où déshumanisation et naturalisation des subalternes vont de pair. Cette conception très radicale de l’histoire de l’oppression, loin de réduire les subalternes au silence, fait appel à l’étude positive des traditions passées, religieuses et folkloriques, considérées comme les archives incarnées d’une histoire niée. L’éveil et la mobilisation de ce passé permettront alors de dépasser une conception purement événementielle de la rupture révolutionnaire.