La langue populaire chez Gramsci : terrain idéologique, enjeu politique, paradigme théorique
Cet article montre la centralité de la langue populaire chez Gramsci, à la fois comme terrain idéologique, enjeu politique et paradigme théorique. Premièrement, la langue est à ses yeux un élément constitutif de la réalité sociale, en tant que niveau le plus fondamental du domaine idéologique. Deuxi...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/asterion, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Astérion
2025
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Cet article montre la centralité de la langue populaire chez Gramsci, à la fois comme terrain idéologique, enjeu politique et paradigme théorique. Premièrement, la langue est à ses yeux un élément constitutif de la réalité sociale, en tant que niveau le plus fondamental du domaine idéologique. Deuxièmement, il insiste sur la nécessité, pour les forces émancipatrices, de mener une politique de la langue et dans la langue, en s’attaquant à la scission entre la langue des élites et les dialectes, et en promouvant une langue nationale-populaire. Troisièmement, la langue (en tant qu’ensemble cohérent, mais multiple, issu d’un processus complexe et ouvrant la possibilité d’un nombre indéfini d’usages) représente chez lui un modèle théorique qui aide à penser la totalité sociale d’une manière non réductionniste et à lutter pour une unité des subalternes qui ne soit pas synonyme d’uniformité. Le problème de la langue populaire permet de voir que les Cahiers de prison tiennent fermement ensemble deux lignes de pensée : d’une part, une vive sensibilité au multiple, un profond respect des singularités historiques et de l’irréductible complexité des phénomènes sociaux ; d’autre part, le maintien d’une ambition totalisante et d’une pensée dialectique en termes de contradictions, exprimant une fidélité créatrice envers Marx, mais aussi envers Hegel. Le linguistic turn effectué par Gramsci au sein du marxisme permet ainsi de faire de ce dernier une véritable grammaire de l’émancipation. |
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