Gramsci et la pensée populaire

Avant même de qualifier (positivement ou négativement) la pensée populaire, les Cahiers de prison insistent sur la nécessité de forger les bons outils analytiques et d’élaborer les concepts pertinents pour décrire la pensée populaire et s’élever à une conscience critique de cette dernière. Mais les...

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Julkaistu: Astérion 2025
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Yhteenveto:Avant même de qualifier (positivement ou négativement) la pensée populaire, les Cahiers de prison insistent sur la nécessité de forger les bons outils analytiques et d’élaborer les concepts pertinents pour décrire la pensée populaire et s’élever à une conscience critique de cette dernière. Mais les concepts qui, singulièrement, représentent pour Gramsci autant d’avatars de la pensée populaire (le sens commun, l’idéologie, la religion et le folklore), sont marqués par de profondes ambiguïtés à partir desquels se déploie le travail intellectuel du philosophe italien. Tout ce travail conceptuel permet, en réalité, d’éviter les deux écueils du misérabilisme et du populisme, non sans forger d’utiles instruments conceptuels pour qui souhaite mieux comprendre, aujourd’hui encore, la pensée populaire. En effet, le marxisme de Gramsci exige de lui qu’il ne perde jamais de vue, comme théoricien, une attention scrupuleuse à la réalité sociale dans sa complexité et, comme dirigeant politique, un souci permanent pour le rapport dialectique qui doit s’établir entre le travail culturel du Parti et les conceptions populaires du monde telle qu’elles existent à un moment donné de l’histoire. Before evaluating popular thought – whether positively or negatively – Gramsci stresses in his Prison Notebooks the need to forge the right analytical tools and relevant concepts to describe popular thought and, eventually, to criticise it. However, the concepts that, for Gramsci, may be viewed as different avatars of popular thought (common sense, ideology, religion, and folklore) are characterised by profound ambiguities from which the Italian philosopher’s intellectual work unfolds. This conceptual effort is aimed at avoiding the two pitfalls of miserabilism and populism, offering useful tools for anyone striving to better understand popular thought – even today. Gramsci’s Marxism requires him, both as a theorist and a political leader, to remain closely attentive to the complexity of social reality. He consistently emphasises the dialectical relationship between the Party’s cultural work and the popular worldviews at any given time.