Un « siècle éclairé » ? Regard sur une expression

À mesure que la notion d’ère philosophique se développe au cours du XVIIIe siècle, nombreux sont ceux qui pensent, en s’appuyant sur l’exemple présumé de plusieurs princes « éclairés », qu’un monarque, inspiré par des conseillers imprégnés des sciences nouvelles, conduira ses sujets vers un avenir n...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/asterion,
Autor principal: Stewart, Philip
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Astérion 2025
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:À mesure que la notion d’ère philosophique se développe au cours du XVIIIe siècle, nombreux sont ceux qui pensent, en s’appuyant sur l’exemple présumé de plusieurs princes « éclairés », qu’un monarque, inspiré par des conseillers imprégnés des sciences nouvelles, conduira ses sujets vers un avenir nécessairement meilleur. Autour de 1770, à la lueur d’une sorte de dialogue virtuel entre Grimm, Holbach, Frédéric II et Diderot, cet espoir commence à s’évanouir : le monarque apparaît plutôt comme un obstacle, et la confiance en cette vision s’effondre. Certains élaborent alors une nouvelle conception où les lumières ne viendraient plus d’en haut mais d’en bas : il ne s’agirait plus désormais d’éclairer le roi mais le peuple. Le pari se fonde alors sur un peuple éclairé, capable de surmonter la résistance des gouvernants et, à long terme, conduire le monde futur. Cette vision est catégoriquement réfutée par Frédéric lui-même, qui dénonce toute tentative d’éclairer le peuple et rejette même cette ambition, la considérant comme contraire aux responsabilités d’un souverain.