Construire la totalité. L’« esprit de corps » dans la France du XVIIIe siècle (Voltaire, Diderot, d’Holbach, Helvétius)

Le présent article examine, à partir des premières occurrences en français de l’expression « esprit de corps » (Saint-Simon, Voltaire), les présupposés philosophiques et métaphoriques des usages au XVIIIe siècle de ce syntagme. Après avoir analysé la tentative de Voltaire de définir ce qu’est l’espr...

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書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/asterion,
第一著者: Marcheschi, Matteo
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Astérion 2025
主題:
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
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要約:Le présent article examine, à partir des premières occurrences en français de l’expression « esprit de corps » (Saint-Simon, Voltaire), les présupposés philosophiques et métaphoriques des usages au XVIIIe siècle de ce syntagme. Après avoir analysé la tentative de Voltaire de définir ce qu’est l’esprit de corps dans l’article « ESPRIT » de l’Encyclopédie, j’examine un passage du Rêve de D’Alembert de Diderot, dans lequel l’esprit de corps est ramené à son origine métaphorique : l’esprit de corps apparaît ici comme un esprit du corps, ce qui permet de montrer comment l’usage politique de cette catégorie suppose une certaine précompréhension de ce qu’est le corps physiologique et de la manière dont il se forme. En arrière-plan de l’enquête sur l’esprit de corps, Diderot propose en effet un modèle d’organisme marqué par les rythmes et les dynamiques de l’épigenèse : le corps humain, tout comme le corps politique, se révèle toujours sur le point de se réaliser, redéfinissant à chaque instant, selon un principe de plaisir, ses frontières et les rapports entre les organes qui le composent.C’est dans cette optique que, entre La morale universelle de d’Holbach et De l’esprit d’Helvétius, l’esprit de corps devient l’expression de la tentative du XVIIIe siècle d’interroger les relations entre les individus, les groupes et les sociétés, en dessinant une réalité politique stratifiée et traversée par des rythmes de fonctionnement non univoques, reconnaissant dans les passions – l’estime, notamment – et dans l’intérêt les forces constitutives et dissolvantes des sociétés.