Spectres, conjuration et invocation (de la guerre) dans les représentations de la crise. Une réflexion à partir du droit de crise

Les représentations de la guerre travaillent le droit de crise. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer non seulement l’origine d’une large partie de ce droit, mais le modèle plus ou moins explicite qu’a constitué la guerre dans nombre d’interprétations du droit de crise, et ce, depuis la Révolu...

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Τόπος έκδοσης:URI:https://journals.openedition.org/asterion,
Κύριος συγγραφέας: Goupy, Marie
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: Astérion 2024
Θέματα:
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Περιγραφή
Περίληψη:Les représentations de la guerre travaillent le droit de crise. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer non seulement l’origine d’une large partie de ce droit, mais le modèle plus ou moins explicite qu’a constitué la guerre dans nombre d’interprétations du droit de crise, et ce, depuis la Révolution française au moins. Ce rapport à la guerre est néanmoins, dès cette origine même, particulièrement ambivalent. Il l’est encore aujourd’hui, lorsqu’il accompagne l’application des lois sur l’état d’urgence durant la lutte contre le terrorisme, ou durant la crise sanitaire, qui s’est encore vue escortée d’une pesante rhétorique guerrière. Pourtant, jamais le modèle de la guerre n’a semblé aussi éloigné des changements réels qui affectent le droit de crise, en particulier sur un plan temporel, tant ce dernier traduit au contraire une prise en charge administrative de plus en plus continue de l’urgence – souvent visée avec la formule ambiguë d’exception permanente. C’est cette tension entre une transformation de la temporalité du droit de crise et le recours à toute une rhétorique qui fait continuellement référence à un modèle discontinuiste de la guerre, apparemment anachronique, que cet article voudrait aborder, en tentant de penser le rapport au temps qui s’y énonce de façon paradoxale. Plus spécifiquement, il s’agit d’éclairer une représentation curieusement nostalgique à l’égard des « guerres d’antan », en prenant appui sur le concept derridien de spectre.