Le Petit Roi d’Amour : entre dévotion privée et politique

À la veille du second conflit mondial, une Augustine hospitalière du Morbihan, Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), promeut le culte du Petit Roi d’Amour. Depuis la fin du Moyen Âge, et surtout à partir du XVIIe siècle, la dévotion à l’Enfant Jésus a une dimension politique très nette. À travers...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/assr,
Autor principal: La Rocca, Sandra
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Archives de sciences sociales des religions 2009
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:À la veille du second conflit mondial, une Augustine hospitalière du Morbihan, Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), promeut le culte du Petit Roi d’Amour. Depuis la fin du Moyen Âge, et surtout à partir du XVIIe siècle, la dévotion à l’Enfant Jésus a une dimension politique très nette. À travers les notions de « spiritualité victimale » et de « logique sacrificielle », l’Enfant Jésus véhicule – comme le culte du Sacré-Cœur auquel il est partiellement lié – l’idée d’un retour à une France catholique et monarchique. Quant à Mère Yvonne-Aimée, elle est désignée par Dieu pendant la guerre pour « expier » les fautes des hommes pécheurs. Elle interprète le deuxième conflit mondial comme un « châtiment de Dieu » et rêve d’une France « régénérée » et « réconciliée avec Dieu ». Tout portait donc la religieuse à adhérer à la Révolution nationale du maréchal Pétain qui dénonçait une « France pécheresse » et parlait de « réparations nécessaires ». Pourtant, dès les premiers jours du conflit, Yvonne-Aimée soutient activement les réseaux de résistance bretons, au point de recevoir le 22 juillet 1945 la légion d’honneur des mains du général de Gaulle. La mystique devient une « héroïne nationale ». En revanche, l’Église, en 1960 – à la veille de Vatican II – suspend son procès de béatification et désavoue sans appel l’héroïne.