Cyber-Léviathan
Un cyber-Léviathan est en train d’apparaître dans le paysage politique mondial. Tissé d’informations « totales » et de réseaux ubiquitaires, il s’établit tous les jours davantage dans les têtes et les cœurs. A ce cyber-Léviathan il nous faut opposer une réflexion sur un contre-pouvoir possible. Il n...
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| Gepubliceerd in: | URI:https://journals.openedition.org/aspd, |
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| Hoofdauteur: | |
| Formaat: | Article ou chapitre numérique |
| Taal: | Français |
| Gepubliceerd in: |
Annuaire suisse de politique de développement
2010
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| Online toegang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Samenvatting: | Un cyber-Léviathan est en train d’apparaître dans le paysage politique mondial. Tissé d’informations « totales » et de réseaux ubiquitaires, il s’établit tous les jours davantage dans les têtes et les cœurs. A ce cyber-Léviathan il nous faut opposer une réflexion sur un contre-pouvoir possible. Il nous faut penser à l’émergence de nouvelles Lumières, capables de nous aider à définir, à l’ère mondiale, ce que Kant appelait « l’intérêt général de l’humanité ». Mais nous vivons à une époque positiviste, individualiste, relativiste et matérialiste. Les « utopies généreuses » et les « abstractions philosophiques » ne sont plus de mode. Et quoi de plus « abstrait » que la notion d’« intérêt général » pour les nominalistes ?Contre ce scepticisme, il faut réagir. Même s’il est difficile de définir le bien commun, il est aussi facile de montrer que les « mains invisibles » du marché ne suffisent pas à le garantir. Le marché a ses « défaillances ». Il est donc nécessaire de le « réguler », et en particulier de définir de nouvelles formes de régulation mondiale, correspondant aux régulations nationales et régionales déjà en place.Cela implique de définir la légitimité politique des organes de cette régulation, et la question des « fins » de cette régulation. Réguler, pour quoi faire ? Dans quel but socialement désirable ? Cela revient donc à la définition de l’orientation générale de la « société mondiale », et la définition d’une éthique commune. Des instruments éthiques universels existent déjà, comme la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais ils sont loin de suffire pour les problèmes de nature nouvelle qui se posent. Faut-il privilégier l’émergence d’une société « mondiale » de l’information ou, alternativement, des « sociétés de savoirs » diversifiées ? Concrètement se posent des questions politiques et éthiques à l’échelle mondiale concernant :● la régulation mondiale de l’accès aux réseaux ;● les termes inégaux des échanges électroniques dans le monde ;● l’accès à l’information, les questions de propriété intellectuelle et la marchandisation du savoir.La régulation de la mondialisation doit être traitée par des institutions de compétence et d’envergure mondiales. C’est à l’opinion publique mondiale et à la société civile mondiale de se mobiliser pour encourager les gouvernements à accélérer ce processus nécessaire. Il y a un enjeu fondamental à définir positivement les notions de « service d’intérêt général » et d’« intérêts primordiaux de la collectivité mondiale » en matière de communication et d’information.De plus, la régulation politique et éthique peut s’étendre aux questions d’éducation, stratégiques dans les sociétés du savoir, ainsi qu’aux questions éminemment politiques de la censure et de la liberté d’expression, de la sécurité et de la protection de la vie privée.Plus largement se pose la question d’une régulation politique et éthique de la mondialisation. Une philosophie politique de la mondialisation est encore à développer dans les faits. |
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