Les promesses d’une prospérité virtuelle
Les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont devenues centrales dans les discours sur le bien-être collectif. La promesse d’une abondance immatérielle – en informations, loisirs et savoirs – structure les débats sur le développement et donne naissance à de nouveaux concepts co...
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| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/aspd, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Annuaire suisse de politique de développement
2010
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont devenues centrales dans les discours sur le bien-être collectif. La promesse d’une abondance immatérielle – en informations, loisirs et savoirs – structure les débats sur le développement et donne naissance à de nouveaux concepts comme fracture numérique, e-readiness, e-veloppement. Ces nouvelles perspectives offrent un bain de jouvence à la coopération internationale. La « bonne vie pour tous » redevient possible, à condition que les pays pauvres adoptent et intègrent les TIC à tous les domaines traditionnels du développement : économie, santé, éducation, politique, gestion de l’environnement, etc.Ces espoirs vont de pair avec des menaces envers les réfractaires au progrès : ne pas se connecter est se condamner à rester à la marge de cette « société globale de l’information » que l’on promet prospère et démocratique. Internet, qui n’était qu’un outil de communication, devient un nouveau besoin de base qu’il est urgent de satisfaire. L’intégration des TIC dans les discours sur le développement s’avère un formidable vecteur pour recycler des visions évolutionnistes et technicistes que l’on croyait obsolètes.Inscrire les TIC dans l’histoire de la coopération permet de donner un éclairage sur ce qui est nouveau et sur ce qui l’est moins. A force de trop vouloir singulariser les TIC, on oublie que le transfert de technologies, comme vecteur du développement des pays du Sud, appartient à l’histoire ancienne. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’histoire bégaie. Pourquoi les TIC ont-elles pris tant d’importance pour la coopération au développement ? Quelle est l’influence de cette coopération sur la géographie, les contenus et les usages des réseaux électroniques ? Quels sont les valeurs et les intérêts véhiculés par les activités entreprises au nom de « la lutte contre la fracture numérique » et comment ces activités s’articulent-elles avec le phénomène plus large de la mondialisation ? Finalement, doit-on encore se préoccuper de développement alors que nous sommes tous appelés à nous réunir dans la société de l’information ?La société de l’information semble d’abord être une opportunité pour les organisations internationales qui y trouvent de nouveaux enthousiasmes et des légitimités d’agir. Mais ce renouveau risque d’être de courte durée. S’il y a fracture numérique il y a aussi – et surtout – un fossé entre les discours qui misent sur les effets extraordinaires des TIC pour le plus grand nombre et la réalité de ces technologies qui continuent à se façonner selon des lignes très mercantiles et inégalitaires.La coopération internationale est à la fois spectatrice et actrice de ces tendances. Sans réelle prise sur les réseaux et sous couvert de discours altruistes, elle se transforme souvent en promoteur des intérêts des entreprises privées. Au-delà des partenariats publics-privés et de l’ouverture des marchés des télécommunications dans les pays du Sud, point de salut. Les faillites de la nouvelle économie et les banqueroutes boursières sont niées pour continuer à faire vivre le mythe d’une communauté d’intérêts entre inforiches et infopauvres autour d’une prospérité bientôt partagée. |
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