6. Le commerce mondial

En 2002, le commerce mondial a repris quelques couleurs avec un taux de croissance de 1 %, mais les estimations pour 2003 ne sont guère encourageantes. La Suisse se marginalise progressivement et perd du terrain face aux pays émergents. Elle se situe dorénavant au 20e rang des pays exportateurs et a...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/aspd,
Hlavní autor: Bogorad, Natacha
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Annuaire suisse de politique de développement 2010
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:En 2002, le commerce mondial a repris quelques couleurs avec un taux de croissance de 1 %, mais les estimations pour 2003 ne sont guère encourageantes. La Suisse se marginalise progressivement et perd du terrain face aux pays émergents. Elle se situe dorénavant au 20e rang des pays exportateurs et au 17e rang des importateurs de marchandises. Quant aux pays en développement, ils ont renoué avec la croissance en 2002, leur volume des exportations et des importations progressant respectivement de 5,8 % et 4,4 %. La tableau est cependant différencié suivant les régions. La part des pays en développement dans le commerce mondial n’a cessé d’augmenter depuis 1990, mais la plus belle part revient aux pays asiatiques.Le fait marquant des relations commerciales internationales en 2003 était incontestablement l’échec de la 5e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancún en septembre. Celle-ci aurait dû procéder à un bilan à mi-parcours du nouveau cycle de négociations commerciales lancé en 2001 à Doha. Les principales pierres d’achoppement étaient les questions de Singapour et les négociations agricoles. Les consultations se sont cependant poursuivies tout au long de l’automne et, à mi-décembre 2003, les représentants des 146 pays membres de l’OMC ont décidé de poursuivre les travaux entamés. Néanmoins, un compromis sur l’accès aux médicaments a pu être trouvé à la veille de Cancún.L’échec de Cancún a donné lieu à des réactions différenciées. Les pays en développement ont fortement regretté que les négociations ne soient pas parvenues à répondre à certaines de leurs préoccupations majeures. Ils ont ainsi préféré ne pas avoir de résultat plutôt qu’un mauvais. Pourtant, à terme, ce sont eux qui dépendent davantage d’un système commercial multilatéral, qui fonctionne et leur évite ainsi la loi du plus fort. De leur côté, les pays économiquement puissants ont annoncé leur volonté de recourir davantage aux accords bilatéraux et régionaux pour pallier le « blocage » des négociations de l’OMC. Ces regrets contrastent avec les réactions positives des organisations non gouvernementales.Le coton a également marqué l’année 2003 de son sceau. Encore méconnu par l’OMC au début de l’année, il est devenu en quelques mois l’un des sujets prioritaires des négociations commerciales autour de la Conférence ministérielle de Cancún. Le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad y ont revendiqué l’abolition de toutes les subventions sur le coton. En attendant cette suppression, ils ont aussi requis des mesures transitoires pour indemniser financièrement les producteurs de coton des PMA. Ces derniers sont fortement touchés par les effets des subventions des pays occidentaux, qui conduisent à une augmentation de l’offre sur le marché et donc à une chute des prix du coton. Plus de 10 millions de personnes dépendent directement du coton dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. C’est l’un des rares produits qui permettent à la région de tirer profit du système commercial international. L’OMC est ainsi mise au défi de trouver une solution concrète pour ces pays membres parmi les plus défavorisés de la planète.