Les banques suisses et la crise d’endettement des pays du Tiers Monde

La crise financière que le Mexique a connue en 1982 a provoqué une opération de sauvetage internationale de grande envergure. Le Mexique et une vingtaine d’autres pays débiteurs ont dû rééchelonner leurs dettes privées et publiques. Seule la concertation des actions a permis d’éviter l’effondrement...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/aspd,
Autore principale: Jung, Georg
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Allemand
Pubblicazione: Annuaire suisse de politique de développement 2013
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:La crise financière que le Mexique a connue en 1982 a provoqué une opération de sauvetage internationale de grande envergure. Le Mexique et une vingtaine d’autres pays débiteurs ont dû rééchelonner leurs dettes privées et publiques. Seule la concertation des actions a permis d’éviter l’effondrement des relations de crédit internationales. Grâce aux accords de rééchelonnement et à l’octroi de nouveaux prêts, les pays débiteurs ont pu procéder à certains ajustements qui ont apporté une amélioration passagère (jusqu’en 1985), quoique au prix de coûts sociaux élevés pour la population. En fait, d’un point de vue général, la situation s’est à nouveau dégradée en 1985. Les banques suisses ont adopté une attitude plus réservée que les autres pays en ce qui concerne l’octroi de crédits aux pays du Tiers Monde ; extrêmement actives sur le plan des transactions interbancaires, elles sont en mesure de procurer des capitaux à court terme aux banques commerciales internationales. Une crise financière internationale affecterait donc les banques suisses avant tout sur ce plan-là. D’une manière générale, les banques suisses ont réagi favorablement à la proposition du ministre des finances américain, M. Baker, qui consiste à intensifier la capacité de croissance de quinze pays en développement fortement endettés. En outre, les banques suisses ont noté avec satisfaction que le gouvernement américain semblait reconnaître que la crise internationale de l’endettement revêt aussi un aspect politique. Le plan Baker prévoit notamment d’augmenter les crédits accordés par les banques commerciales aux pays débiteurs. Les banques suisses ont pris position à plusieurs reprises, réclamant une plus grande latitude pour ce qui a trait aux négociations sur le rééchelonnement des dettes. En effet, la pratique actuelle qui consiste à apporter une contribution financière uniquement sous forme d’argent frais, est ressentie par les banques comme une contrainte inutile. A leur avis, une option possible serait d’accorder un moratoire sur les intérêts. Par ailleurs, les banques aimeraient pouvoir attribuer davantage de crédits commerciaux, car ils sont importants pour les échanges commerciaux des pays en voie de développement et offrent davantage de garanties que les simples crédits financiers. Les banques admettent qu’un système efficace de relations de crédits n’entraîne pas nécessairement un transfert de ressources vers les pays en voie de développement, ce qui d’ailleurs apparaît souhaitable en vertu des critères de politique du développement. L’auteur conclut son article en énumérant les points qui lui paraissent essentiels dans le présent contexte : le capital prêté doit être évalué au cours du marché et remboursé comme tel ; les pays débiteurs sont tenus de mener une politique économique cohérente ; l’aide officielle au développement doit combler les déficits financiers qui subsistent encore.