La Créolité face aux vicissitudes de l’Histoire : poétique de la décolonisation de l’imaginaire chez Patrick Chamoiseau

Les blessures du passé colonial et esclavagiste ont profondément influé sur l’histoire et la littérature antillaise. La Négritude, tout comme la Créolité, constitue l’affirmation des écrits de la Martinique et révèlent, toutes les deux, les manifestations des écrivains tels Césaire, Glissant, Chamoi...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/archipelies,
1. Verfasser: Lemnouer, Ghizlane
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Archipélies 2026
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Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Les blessures du passé colonial et esclavagiste ont profondément influé sur l’histoire et la littérature antillaise. La Négritude, tout comme la Créolité, constitue l’affirmation des écrits de la Martinique et révèlent, toutes les deux, les manifestations des écrivains tels Césaire, Glissant, Chamoiseau et tant d’autres. Ces voix ont dénoncé le regard de l’Autre, celui du colonisateur, qui avait longtemps façonné leur histoire et leur littérature. Cet article se propose de traiter le rapport qu’entretiennent les « fils d’Aimé Césaire », plus précisément Chamoiseau, avec l’héritage colonial et postcolonial et de montrer comment son art perçoit l’Autre (l’ex-colonisateur ou l’Histoire). Le but est de mettre en lumière l’idéal célébré par son imaginaire, marquant une humanisation cosmique, plus complémentaire dans sa diversité et censée anéantir l’ethnocentrisme excessif.Cet article montre que Chamoiseau utilise la fiction comme un outil de décolonisation de l’imaginaire, en réhabilitant la mémoire collective antillaise et en opposant aux « Grands récits » occidentaux des « organismes narratifs » fluides et pluriels. Son œuvre met en lumière les silences de la grande Histoire par l’intégration de dispositifs littéraires et narratifs comme l’oralité, le Marqueur de paroles, et une esthétique du Divers qui valorise les croisements culturels et les flux relationnels. C’est par le prisme d’une pesée textuelle et thématique rigoureuse, nourrie à la sève vive de la trilogie d’Une Enfance créole, que notre étude donne à lire ce basculement de méthode. Il ne s’agit point là d’une glose désincarnée, mais de traquer, au cœur même du tracé de l’« Écrire » et dans le devenir des figures romanesques, l’exigence d’une herméneutique postcoloniale – là où la fiction s’érige en contre-pouvoir méthodique face au fait documentaire hégémonique. Cette perspective revêt une double portée : d’une part, Chamoiseau propose une alternative au modèle universaliste occidental, en promouvant une identité relationnelle et rhizomique ; d’autre part, il invite à repenser la littérature comme un lieu de résistance et de réinvention des mémoires occultées. Ce travail souligne l’urgence de dépasser les dichotomies coloniales (centre/périphérie, dominant/dominé) pour envisager un vivre en relation fondé sur la reconnaissance mutuelle et la diversité.