Une « ethno-littérature » en questionnement

À la littérature dite parnassienne ou doudouiste a succédé une période de poétique d’engagement de l’écrivain qui puise son inspiration dans la réalité historique ou socio-économique, avec un regard souvent sans concession. Ainsi Maud Vauléon fait-elle remarquer que Patrick Chamoiseau se dit « marqu...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/archipelies,
Hlavní autor: Fardin, Liliane
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Archipélies 2024
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:À la littérature dite parnassienne ou doudouiste a succédé une période de poétique d’engagement de l’écrivain qui puise son inspiration dans la réalité historique ou socio-économique, avec un regard souvent sans concession. Ainsi Maud Vauléon fait-elle remarquer que Patrick Chamoiseau se dit « marqueur de paroles », se décrit comme « prétendu ethnographe » dans Solibo Magnifique et, dans sa Chronique des sept misères, « fait revivre, avec un regard quasi ethnographique, le monde des djobeurs, les porteurs du marché, avec leur imaginaire et leur jargon. » Mais comment concilier cette « représentation forte du réel » et une ouverture sur un renouvellement des créations et des idées ? Tout en valorisant la culture africaine ou la langue créole, Roumain ou Chamoiseau s’efforcent de « placer [leur] écriture dans l’allant des forces progressives qui s’activent pour [leur] libération », sans délaisser cependant « la recherche d’une esthétique neuve sans laquelle il n’y a point d’art » ; d’autres écrivains caribéens usent d’une esthétique de l’humour noir, de la démesure, du bizarre, jouant de la dialectique des contraires, ainsi que le fait Orville par exemple. La quasi-totalité de ces écrivains postcoloniaux mettent en scène des rivalités et conflits de pouvoir, et/ou des problématiques très réalistes telles que la faim, la misère ou la répression, même lorsque l’univers du conte vient y introduire le merveilleux. Car ainsi que le dit René Ménil, « qui peut prétendre que dans nos contes merveilleux ne se trouve pas une bonne partie des vérités qui nous sont encore cachées à nous-mêmes et que nous devons nous hâter de déchiffrer ? ».De plus en plus s’exerce une volonté de liberté dans la technique de création, ceci d’autant que la disparition de la société de plantation et l’impact de l’audio-visuel se révèlent aujourd’hui propices à une poésie plus authentique, spontanée, à une diversité des styles et à une fantaisie littéraire redoublée…