Du charivari français au « chalbari » créole à la Martinique
Ancienne coutume paysanne française, le « charivari », manifestation semi-improvisée visant pour un quartier ou un village à se gausser d’unions matrimoniales dépareillées (un vieux avec une jeune femme, une riche veuve avec un jeune homme sans le sou, etc.) en organisant la nuit des noces et parfoi...
Salvato in:
| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/archipelies, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Archipélies
2024
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Ancienne coutume paysanne française, le « charivari », manifestation semi-improvisée visant pour un quartier ou un village à se gausser d’unions matrimoniales dépareillées (un vieux avec une jeune femme, une riche veuve avec un jeune homme sans le sou, etc.) en organisant la nuit des noces et parfois les jours d’après, autour du domicile des nouveaux époux, un vacarme de tous les diables à l’aide d’instruments de musique également improvisés, fut transplanté aux Antilles à compter du XVIIe siècle par les colons de basse extraction dits « Petits Blancs ». Cette pratique rituelle qui, en Europe, visait, sous des dehors carnavalesques, à assurer le contrôle du groupe sur la matrimonialité et à renforcer la monogamie s’est créolisée sous le nom de « chalbari » en prenant une signification tout à fait différente dans des sociétés insulaires marquées par la rareté des femmes sur fond de génocide des Amérindiens et d’esclavage des Noirs. Il y a d’abord le souci de pérennisation des enclaves de colonisation grâce à un apport constant de colons et d’esclaves jeunes et donc en âge de fonder une famille dans le premier cas et de se reproduire dans le second, ce qui exigeait un stock de femmes disponibles et donc non susceptibles d’être accaparées par le biais d’unions dépareillées. Il y a ensuite des relations de voisinage spécifiques, marquées par la jalousie et la sorcellerie, au sein de cette anti-société qu’était la société esclavagiste et même, très longtemps, post-esclavagiste. Enfin, du « charivari » français au « chalbari » antillais se donnent à lire les mécanismes subtils d’adaptation-transformation-recréation qui sont au cœur du processus dit de « créolisation ». |
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