Les ʿammē « en Ǧazīra et en Occident ». Genèse et fixation d’un ethnonyme standardisé pour les tribus arabes chrétiennes
Lorsque la littérature syro‑occidentale désigne des Arabes chrétiens (ṭayyōyē krisṭyōnē), elle emploie souvent une expression ternaire à l’ordre variable : « les Tanūkōyē, ʿAqūlōyē et Ṭūʿōyē ». Ces populations (ʿammē) ont joué un rôle important lors de la IIe guerre civile (60‑72/680-692) au sein de...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/anisl, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Annales islamologiques
2020
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Lorsque la littérature syro‑occidentale désigne des Arabes chrétiens (ṭayyōyē krisṭyōnē), elle emploie souvent une expression ternaire à l’ordre variable : « les Tanūkōyē, ʿAqūlōyē et Ṭūʿōyē ». Ces populations (ʿammē) ont joué un rôle important lors de la IIe guerre civile (60‑72/680-692) au sein de l’Église syro‑orthodoxe alors que celle-ci commence à envisager l’altérité musulmane. C’est à ce moment qu’un évêché homonyme est attesté, notamment sous l’autorité de Georges (m. 105/724), un des principaux intellectuels de son temps. Ces peuples semblent avoir résidé en « Occident » (le ǧund de Qinnasrīn en formation) et dans la partie post-romaine de la Haute-Mésopotamie (la Ǧazīra) à l’époque omeyyade. Si les Tanūḫ (Tanūkōyē) sont bien identifiés comme une collectivité irakienne partiellement installée en Syrie du Nord, la période de cette migration, traditionnellement placée à l’époque proto‑byzantine, reste indéterminée. Les deux autres termes sont plus obscurs : les ʿAqūlōyē se rapportent aux habitants du ressort d’al‑Kūfa, l’expression étant presque assurément post-hégirienne, tandis que les Ṭūʿōyē correspondraient à d’ancien groupes de la même région. Nous faisons l’hypothèse que le déplacement de ces ʿammē irakiens désignés par cet ethnonyme ternaire standardisé (qui ne sont pas des tribus au sens du nasab arabe) vers l’espace syrien découle d’une politique de transferts sous le califat de Muʿāwiya (m. 60/680). C’est sans doute dans ce contexte qu’ils auraient été affiliés à la nomenclature épiscopale miaphysite, à une époque où il était possible de participer au mouvement des croyants tout en s’intégrant à l’Église d’Antioche. |
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