Kuvaus
Yhteenveto:Les représentations de la santé et de la maladie sont souvent mises en relation, dans les sociétés traditionnelles, avec l’observance ou l’inobservance de normes religieuses. Une histoire de ces représentations dans l’Égypte médiévale reste à écrire. Afin d’y contribuer, la présente recherche propose l’étude d’un cas précis : les théories du maître soufi Ibn ʿAṭā’ Allāh al-Iskandarī (m. 709/1309), troisième cheikh et premier véritable « écrivain » de la ṭarīqa Šāḏiliyya, concernant les relations entre les dimensions physiologiques, morales et spirituelles de la vie humaine. L’étude vise tout particulièrement à mettre en valeur un aspect, jusqu’à présent inexploré, de la pensée d’Ibn ʿAṭā’ Allāh : celui des rapports entre la pratique du ḏikr et deux processus physiologiques fondamentaux tels la circulation du sang et l’assimilation de la nourriture. Les modalités de présentation de ces relations laissent entrevoir, en particulier, l’influence de la « physiologie des passions » (Paul Nwyia) du théosophe khurasanien al-Ḥakīm al-Tirmiḏī (m. 318/930), penseur mystique fort apprécié par les maîtres fondateurs de la Šāḏiliyya, et indiqué par Ibn ʿAṭā’ Allāh comme une autorité majeure en matière de sainteté.