Tableaux d’anatomie judiciaire
En droit musulman, le châtiment vise le corps du coupable qui est invariablement le lieu et l’objet de la punition : on sait qu’en cas de vol une réglementation méticuleuse le découpe en segments qui ont vocation à être amputés. La législation du talion nécessite, elle aussi, l’établissement d’une t...
محفوظ في:
| الحاوية / القاعدة: | URI:https://journals.openedition.org/anisl, |
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| المؤلف الرئيسي: | |
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
Annales islamologiques
2018
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| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | En droit musulman, le châtiment vise le corps du coupable qui est invariablement le lieu et l’objet de la punition : on sait qu’en cas de vol une réglementation méticuleuse le découpe en segments qui ont vocation à être amputés. La législation du talion nécessite, elle aussi, l’établissement d’une typologie des traumatismes et donc d’une liste des pièces qu’il est licite de découper en représailles. Même en ce qui concerne le rituel funéraire, la question de l’individuation de l’être humain se pose lorsque le corps est incomplet : jusqu’où le fragment peut-il se substituer au tout ? Il se dessine ainsi une véritable anatomie juridique dans laquelle le corps, dont il convient pourtant de respecter l’intégrité physique, est disséqué en membres et organes, de sorte que l’individu s’efface derrière la pièce détachée, comme en une sorte de synecdoque. Ce paradoxe est analysé à partir, principalement, de la législation du talion en droit malékite, tant du point de vue de la doctrine que de la pratique, mais dans une perspective qui se veut moins juridique que culturelle et anthropologique. |
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