Le vol d’Icare, du Roman de la Rose à Christine de Pizan : de la dénonciation de l’orgueil à la défense de la curiositas intellectuelle
À la fin du Moyen Âge, la fable de Dédale et Icare ne sert pas seulement, comme on a pu le croire, à dénoncer l’orgueil auquel succombe le mauvais chrétien. Tandis que les traités mythologiques et l’historiographie s’insèrent volontiers dans cette tradition morale, Le Roman de la Rose ou Renart le C...
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Anabases
2012
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| Sujets: | |
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | À la fin du Moyen Âge, la fable de Dédale et Icare ne sert pas seulement, comme on a pu le croire, à dénoncer l’orgueil auquel succombe le mauvais chrétien. Tandis que les traités mythologiques et l’historiographie s’insèrent volontiers dans cette tradition morale, Le Roman de la Rose ou Renart le Contrefait font du récit ovidien une utilisation surprenante en l’entraînant dans les jeux de la satire et de la parodie. La désobéissance d’Icare, même si elle n’est jamais valorisée positivement, n’est pas toujours un exemplum à portée générale, qui s’adresse à un chacun ; elle est aussi utilisée de manière subjective et s’applique alors à une situation et une expérience individuelles. Sous la plume de Christine de Pizan, la chute d’Icare permet ainsi de légitimer, par contraste, la curiositas de l’intellectuelle qui cherche à comprendre les causes profondes des malheurs que vit la France. Pour Christine, comme, plus tard, pour Martin Le Franc, la fable sert de repoussoir, quand il s’agit de célébrer l’ascension à la lumière. On perçoit, au-delà de la suspicion face à l’acte transgressif du héros, une fascination qui prépare le terrain à la récupération d’Icare à l’époque moderne. |
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