De Marathon à la victoire de Leucate : lorsque l’actualité des guerres du Roussillon envahit l’œuvre érudite d’un Jésuite toulousain
En octobre 1637, paraît chez A. Colomiez, imprimeur toulousain, la première traduction des déclamations du sophiste grec Polémon (c. 87-143 ap. J.-C.), en latin. Cette œuvre du Jésuite Pierre Poussines relève a priori du cercle restreint des publications érudites, destinées aux lettrés, comme les co...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/anabases, |
|---|---|
| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Anabases
2012
|
| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | En octobre 1637, paraît chez A. Colomiez, imprimeur toulousain, la première traduction des déclamations du sophiste grec Polémon (c. 87-143 ap. J.-C.), en latin. Cette œuvre du Jésuite Pierre Poussines relève a priori du cercle restreint des publications érudites, destinées aux lettrés, comme les conseillers du Parlement auxquels appartient le dédicataire de la préface, aux ecclésiastiques ou aux étudiants. Cependant les hasards du moment et la sensibilité particulière du traducteur à l’actualité font que ces deux discours sur la victoire de Marathon entrent en résonance avec la victoire contemporaine des Français contre les Espagnols, survenue à Leucate quelques jours auparavant. La préface latine du Jésuite relate le succès français en le présentant comme une réédition de la victoire grecque, auréolant ainsi les exploits de l’armée du Roi du prestige des guerres médiques. L’ouvrage se trouve, de ce fait, participer à la glorification des triomphes de Louis XIII et fait écho aux libelles contemporains, diffusés par le même imprimeur. Cette coïncidence entre l’actualité militaire et les travaux du philologue légitime sa traduction et offre une carrière inédite aux déclamations de Polémon. |
|---|