Préhistoire de l’humanité et temps de la cité : l’« Archéologie » de Thucydide
Dans l’« Archéologie », Thucydide met en œuvre les modalités et les conséquences d’une omniprésence de la polis, en tant que phénomène social total, depuis les commencements, puis tout au long des « temps anciens (τὰ παλαιά) », et jusqu’au présent (νῦν). La description de ce passé antérieur est tant...
Tallennettuna:
| Julkaisussa: | URI:https://journals.openedition.org/anabases, |
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
Anabases
2012
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | Dans l’« Archéologie », Thucydide met en œuvre les modalités et les conséquences d’une omniprésence de la polis, en tant que phénomène social total, depuis les commencements, puis tout au long des « temps anciens (τὰ παλαιά) », et jusqu’au présent (νῦν). La description de ce passé antérieur est tantôt celle de l’état présocial ou de la genèse de l’état social de l’homme, tantôt celle des premiers temps des sociétés grecques, alors tournées vers le « développement » (αὐξηθῆναι) et préoccupées de leur « puissance » (δύναμιı). L’Archéologie entretient avec le présent une relation de distance et d’interférence. De distance, parce que le recours constant à l’expression τὰ παλαιά pour désigner ce moment marque une intention d’objectivation ; d’interférence, parce que les modèles d’intelligibilité élaborés par Thucydide tout au long de son exposé sont, par leur origine, empruntés au présent. Il montre que les concepts se sont forgés, sédimentés, complexifiés au cours de cette forme de préhistoire. L’« Archéologie » décrit à la fois les temps anciens et le présent, le présent dans les temps anciens ; elle recourt à des concepts tirés du présent, mais validés parce qu’ils sont opératoires dans les temps des origines. |
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