Les païens sont-ils des chrétiens qui s’ignorent ? Postface

Cette postface retrace la manière dont s’est construite, dans la pensée occidentale, l’idée que les païens porteraient en eux des formes inabouties ou méconnues de la vérité chrétienne. À partir de la surprise provoquée chez les Grecs et les Égyptiens par le monothéisme exclusif des Hébreux, l’auteu...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/anabases,
Auteur principal: Borgeaud, Philippe
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Anabases 2026
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Cette postface retrace la manière dont s’est construite, dans la pensée occidentale, l’idée que les païens porteraient en eux des formes inabouties ou méconnues de la vérité chrétienne. À partir de la surprise provoquée chez les Grecs et les Égyptiens par le monothéisme exclusif des Hébreux, l’auteur examine les récits anciens sur Moïse, où se dessinent des visions grecque, égyptienne et juive opposées quant au rapport juste au divin. Avec le christianisme, cette rencontre devient le socle d’un nouveau paradigme : les panthéons antiques sont relus comme des déformations démoniaques ou des éclats imparfaits de l’unique vérité, tandis que la Loi juive et en définitive les traditions religieuses du monde entier sont interprétées comme des préfigurations pédagogiques de l’Évangile. Cette logique d’appropriation, qui mêle reconnaissance et disqualification, se prolonge dans l’anthropologie religieuse moderne — de Lang à Pettazzoni et au Père Schmidt — cherchant partout des « êtres suprêmes » et un monothéisme originel. Loin d’être universelle ou naturelle, l’opposition monothéisme/polythéisme apparaît comme une construction historique héritée de ces lectures chrétiennes, qui déterminent encore bien souvent nos manières d’envisager les religions du passé comme du présent.