Le monothéisme zoroastrien : généalogie d’un mythe moderne

Si le zoroastrisme contemporain revendique fermement sa place parmi les monothéismes, son historiographie révèle un tableau plus contrasté, avec des variations en faveur du polythéisme ou du dualisme. Cet article vise à mettre en lumière trois moments charnières de cette construction théologique qui...

Cijeli opis

Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/anabases,
Glavni autor: Azarnouche, Samra
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Anabases 2026
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Si le zoroastrisme contemporain revendique fermement sa place parmi les monothéismes, son historiographie révèle un tableau plus contrasté, avec des variations en faveur du polythéisme ou du dualisme. Cet article vise à mettre en lumière trois moments charnières de cette construction théologique qui témoignent de ces évolutions : d’abord la polémique anti-monothéiste des théologiens zoroastriens (ixe-xe s. de notre ère), puis, bien plus tard, l’influence déterminante de l’orientaliste oxonien Thomas Hyde sur une interprétation monothéiste (début du xixe s.) et, enfin, l’intégration définitive du monothéisme au cœur de l’identité moderne des Parsis (à partir de la seconde moitié du xviie s.). Une réévaluation des sources de Hyde est également envisagée : plutôt que le catéchisme persan du xve s., le Sad Dar-e Nazm, ce serait Le livre des religions et des sectes d’al-Shahrastānī (xiie s.) qui lui aurait inspiré quelques-unes de ses grandes idées, notamment le schéma évolutif d’un monothéisme vers un dualisme, en passant par un polythéisme. Bien que les courants intellectuels des xviie s. et xviiie s. aient coulé l’ancien polythéisme iranien dans un moule monothéiste, l’intensité des débats encore vifs au sein de la communauté (et même parmi les chercheurs) révèle que cette religion tend généralement à se soustraire à ces cloisonnements théologiques traditionnels.