Tu quoque mi fili (ii) : Brutus, de l’assassin au fils de César

Brutus est souvent présenté, dans les médias français et italiens, comme le fils adoptif de César. Cette idée, parfaitement fausse, s’appuie d’abord sur les libertés prises dans des traductions en chaîne des derniers mots que le dictateur aurait prononcés en grec (kai su teknon), devenus tu quoque (...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/anabases,
Autor principal: Ducret, Pauline
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Anabases 2026
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Brutus est souvent présenté, dans les médias français et italiens, comme le fils adoptif de César. Cette idée, parfaitement fausse, s’appuie d’abord sur les libertés prises dans des traductions en chaîne des derniers mots que le dictateur aurait prononcés en grec (kai su teknon), devenus tu quoque (mi) fili, enfin « Toi aussi, mon fils ». Elle est par ailleurs le résultat de plusieurs siècles de transformations et de déformations volontaires du personnage de Brutus dans la fiction francophone, parmi lesquelles le rôle de Voltaire puis de Goscinny et Uderzo est majeur. La tradition anglo-saxonne a quant à elle suivi une autre voie qui puise ses racines chez Shakespeare. Cet article cherche ainsi à retracer ces évolutions conjointes pour comprendre comment, malgré la disponibilité des informations sur internet et à l’heure où la World Culture aurait mis fin à la diversité culturelle, la filiation entre César et Brutus est aujourd’hui dans le monde francophone et italophone une erreur historique aussi fortement ancrée.