L’Europe est-elle née dans l’Antiquité ?

En réaction à la perception des médiévistes qui font naître l’Europe aux alentours de l’An Mil, on analyse ici les fondements mythologiques, géographiques et culturels antiques de l’entité européenne avant de prolonger l’étude sur la longue durée jusqu’au VIIIe siècle. Cet examen fait apparaître la...

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Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/anabases,
Hoofdauteur: Ratti, Stéphane
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Anabases 2012
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Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Omschrijving
Samenvatting:En réaction à la perception des médiévistes qui font naître l’Europe aux alentours de l’An Mil, on analyse ici les fondements mythologiques, géographiques et culturels antiques de l’entité européenne avant de prolonger l’étude sur la longue durée jusqu’au VIIIe siècle. Cet examen fait apparaître la prééminence du modèle tripartite, l’Europe étant considérée comme la troisième partie de l’univers. La première occurrence du terme « Européens » dans l’Histoire Auguste signale le IVe siècle comme une période charnière. Mais une relecture « culturelle » des sources géographiques – Pline l’Ancien notamment – s’impose. L’Europe apparaît dès lors ancrée, dès ses origines, au cœur du bassin méditerranéen : le détroit de Gadès (Gibraltar) est ainsi perçu comme une porte et non comme une frontière. La mort de Justinien puis la conquête arabe marquent une rupture sensible : la ligne de fracture ne passe plus désormais entre l’Occident et l’Orient, mais entre le monde islamique et la chrétienté. La bataille de Poitiers est ainsi vécue par ses contemporains comme une victoire européenne. L’opposition entre les peuples du Nord et ceux du Sud occulte l’ancien axe Est/Ouest. L’Europe qui se dessine avec l’incorporation des barbares dans l’Empire correspond également, semble-t-il, avec l’affirmation d’un certain sentiment patriotique romain et avec l’émergence de l’idée de progrès. On souligne, enfin, que les frontières de l’Europe ont longtemps coïncidé avec les limites d’influence du catholicisme romain. À cet égard, l’arianisme, puis la fin de l’unité religieuse liée à la querelle du filioque jouent un rôle déterminant dans la constitution des lignes de clivage.