Un siècle de détournements
Ecrit trois ans après son pamphlet A Century of Dishonor (1881), Ramona devait être l’équivalent pour la question indienne de Uncle Tom’s Cabin (1852). Mais la stratégie de Jackson n’a pas fonctionné comme prévu et la réception de ce roman sentimental fut et reste basée sur une « mélecture » (« mis...
Sparad:
| I publikationen: | URI:https://journals.openedition.org/amerika, |
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| Huvudupphovsman: | |
| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Français |
| Publicerad: |
Amerika
2011
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| Ämnen: | |
| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | Ecrit trois ans après son pamphlet A Century of Dishonor (1881), Ramona devait être l’équivalent pour la question indienne de Uncle Tom’s Cabin (1852). Mais la stratégie de Jackson n’a pas fonctionné comme prévu et la réception de ce roman sentimental fut et reste basée sur une « mélecture » (« misreading ») : attirés par le monde merveilleux du rancho, lui-même pâle reflet du glorieux passé des missions, les lecteurs yankees n’ont jamais été plus loin que cette fascination pour la culture espagnole-mexicaine, catholique, rurale et aristocratique suscitée par le texte, qui emprunte aux conventions de la romance et du carnet de voyage. Si Ramona avait initialement pour projet de dénoncer le comportement des envahisseurs nord-américains pour inspirer de la compassion envers leurs victimes et exiger un changement de politique, la position commune des Anglos et des Mexicains vis-à-vis des Indiens a encouragé une identification fonctionnant à l’encontre de celle voulue par l’auteur (qui n’est pas forcément celle du texte). Les éléments gothiques à la fois thématiques (la belle captive, le couvent, l’enlèvement…), narratifs (le pittoresque et le « word-painting ») et idéologiques sont bel et bien activés dans Ramona, mais en quelque sorte à l’envers. De plus, la formule est compliquée par la triangulation : entre bourreau anglo et victime indienne s’interpose la figure intermédiaire du noble mexicain. La présente étude se concentre sur cette figure et son traitement métonymique, l’Arcadie du rancho, pour montrer comment la mélecture de Ramona déborde dans la culture californienne et devient de la récupération. Ainsi dès le 19ème siècle l’exploitation du roman contribue à la construction de l’identité régionale en inventant de toutes pièces des manifestations de type « culte » (tourisme culturel et pèlerinage sur les lieux du roman, Ramona Pageants …) qui ont encore cours aujourd’hui. |
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