Teatro x la Identidad : itinéraire d’un théâtre militant, du combat des Abuelas de Plaza de Mayo à la croisée des émancipations

Teatro x la Identidad est un mouvement théâtral impulsé en 2000 en Argentine par les Abuelas de Plaza de Mayo, dans le cadre de leur combat pour retrouver leurs petits-enfants nés dans les geôles de la dictature entre 1976 et 1983 et « appropriés » (ou « volés », selon l’expression consacrée) par le...

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Xuất bản năm:URI:https://journals.openedition.org/amerika,
Tác giả chính: Sanchez, Joana
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: Amerika 2021
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Tóm tắt:Teatro x la Identidad est un mouvement théâtral impulsé en 2000 en Argentine par les Abuelas de Plaza de Mayo, dans le cadre de leur combat pour retrouver leurs petits-enfants nés dans les geôles de la dictature entre 1976 et 1983 et « appropriés » (ou « volés », selon l’expression consacrée) par les militaires. Ces enfants adoptés illégalement et méconnaissant leurs origines ont une vingtaine d’années au tournant des années 2000, si bien que les Abuelas, dans un virage stratégique, décident de s’adresser directement à la jeune génération pour inciter tous ceux qui auraient le moindre doute sur leur ascendance à venir effectuer des tests ADN, seule manière de dévoiler l’appropriation et l’usurpation d’identité. Pour ce faire, elles se tournent vers le milieu théâtral et entreprennent une collaboration appelée à durer puisque le cycle Teatro x la Identidad a lieu chaque année depuis maintenant presque vingt ans. Il marque, en Argentine, le renouveau d’un théâtre de combat, au service d’une cause politique et mémorielle, renouant avec le militantisme qui avait caractérisé certaines dramaturgies des années 1960 et 1970. Or si certaines pièces écrites pour le cycle sont strictement orientées vers la question de l’appropriation d’enfants pendant la dictature militaire, les dramaturges conjuguent parfois cette question à une réflexion plus large sur l’identité et ses enjeux : les appartenances imposées, les identités assignées, les processus d’acculturation et d’assimilation, la complexité de la définition de soi, les différents rapports de domination qui traversent une société et les individus, et participent à la construction identitaire de soi. Une réflexion sur les rapports sociaux de genre, de classe, mais aussi de race, dans un pays où le mythe de « l’Argentine blanche » est encore très prégnant et peut freiner le travail décolonial, se fait ainsi jour sur les planches des cycles Teatro x la Identidad. En ce sens, cet article analyse comment ce théâtre militant, conçu comme un outil au service d’une lutte très particulière, a aussi replacé ce combat singulier à la croisée de luttes pour l’émancipation, dans une démarche intersectionnelle, qui fait de l’identité son pivot articulatoire.