Réintégrer sans modifier les hiérarchies coloniales?

Cet article s’intéresse aux politiques d’assistance aux mutilés de guerre de l’Empire colonial français. Ces politiques sont le résultat d’un ensemble d’actions et d’interactions entre de multiples acteurs, à savoir les ministères (colonies, affaires étrangères, travail, pensions), les parlementaire...

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التفاصيل البيبلوغرافية
الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/alterjdr,
المؤلف الرئيسي: Brégain, Gildas
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Alter 2025
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الوصول للمادة أونلاين:Accès Université d'Orléans et IFPM
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الملخص:Cet article s’intéresse aux politiques d’assistance aux mutilés de guerre de l’Empire colonial français. Ces politiques sont le résultat d’un ensemble d’actions et d’interactions entre de multiples acteurs, à savoir les ministères (colonies, affaires étrangères, travail, pensions), les parlementaires, l’Office National des Mutilés, les associations de mutilés de guerre et les hauts fonctionnaires coloniaux. Fondé sur de multiples archives, sur les revues associatives et la presse coloniale, cet article analyse le statut concédé aux mutilés de guerre de ces territoires. Constituent-ils, du fait de leur sacrifice pour la Patrie, des “créanciers” égaux à ceux de la métropole? Nos recherches permettent de dresser le constat d’une extrême hétérogénéité des politiques d’assistance dans l’Empire colonial, avec de fortes inégalités territoriales et ethniques dans l’attribution des différentes prestations. Les mutilés de guerre de l’Empire bénéficient d’une partie non négligeable des droits conférés à ceux de la métropole (y compris les droits économiques). Les mutilés français et indigènes d’Afrique du Nord et des quatre communes du Sénégal bénéficient d’une pension relativement similaire à celle des mutilés en France. Dans les autres colonies, les mutilés indigènes sont discriminés et perçoivent des pensions d’un montant très inférieur. Dans tous les territoires de l’Empire, les mutilés indigènes ont un accès restreint aux emplois administratifs et aux prêts agricoles. Cette politique sociale, coûteuse pour la métropole, s’avère prioritaire en raison de l’impératif politique de reconnaissance envers ceux qui se sont sacrifiés pour la patrie, mais aussi et surtout pour conserver la sympathie des populations colonisées et le soutien politique des mutilés et des anciens combattants dans un contexte de nationalisme anticolonial croissant.